Peu nombreux sont les casques en carbone à se vendre moins de 300€. Et pourtant c’est ce que Nishua a réussi à faire avec celui-ci, ce qui est déjà une performance en soit. Maintenant voyons ce que valent ses prestations après quelques semaines d’essai.

Pour les présentations, je vais aller à l’essentiel puisque vous retrouverez tous les éléments dans l’article mis en ligne précédemment ici : Voir la présentation complète.

Petit tour du casque Nishua Enduro Carbone

Le Nishua Enduro est un casque distribué chez Louis-moto.fr, un site de vente moto qui monte de plus en plus en visibilité ici en France et qui propose régulièrement des bons plans et autres codes promotionnels. C’est à l’origine une société allemande très célèbre qui tend à se développer largement à l’étranger et le SAV est français, ce qui est toujours une bonne chose.

Ce casque est livré dans la boîte avec une fine housse de protection, le grand Pinlock à installer (écran anti-buée) ainsi qu’avec deux vis 1/4 de tour de rechange, mais aussi une deuxième vis de fixation de la casquette. Et bien sûr les pièces en plastique que vous installerez pour le passer en configuration plus routière, sans la casquette avec son look « street fighter ».

Les autocollants rétro-réfléchissants n’étant pas obligatoires en Allemagne, le casque n’est pas fournit avec de base. Il faut compter 5€ pour vous en procurer optionnellement.

 

Côté spécificités, le Nishua Enduro pèse 1150 grammes avec la visière translucide et la casquette en place, et environ 100 grammes de moins sans ces accessoires. Vous les remplacerez alors par des lunettes de cross pour avoir une ventilation maximale dans votre sport préféré. Un faible poids rendu possible par sa composition exclusivement en fibre de carbone joliment vernie.

Notez que la casquette est réglable sur deux hauteurs différentes en dévissant simplement la vis supérieure. Chacun aura le loisir de trouver sa position idéale, pour ma part j’ai trouvé que la position basse lui apporte un meilleur look et surtout une plus grande efficacité face au soleil.

Il est disponible dans 2 tailles de calottes, du XS au M puis du L au XL. Pour ma part, après avoir pris le tour de tête je suis tombé sur un taille M qui correspond parfaitement à ce que j’ai l’habitude de porter chez la plupart des marques. J’en conclue donc qu’il taille juste.

Le test complet

Confort d’usage

Il suffit de l’enfiler pour se rendre compte qu’on risque de l’apprécier ! Les mousses sont très moelleuses et douces, on s’y sent bien et maintenu à la fois.
Son faible poids surprend un peu au début, agréablement bien sûr.

Il n’émet aucun bruit suspect pour autant lorsqu’on le presse de nos deux mains. Par contre l’aileron arrière en plastique laisse entendre quelques craquements en le manipulant. Bien sûr on ne l’entend pas à l’usage, c’était juste pour l’anecdote.

 

Les mousses de joues sont maintenues entièrement par du velcro à l’intérieur du casque, on ne risque pas de casser des tétons en les manipulant pour les laver ou mettre en place un dispositif (oreillettes, micro…). Le revêtement est qualitatif et le dessous des mousses est en partie composé d’une matière plus résistante à l’abrasion pour mieux tenir dans le temps si vous avez tendance à le poser/traîner un peu n’importe où.

 

La fermeture se fait par un système de boucle double D, ce qui le rend compatible pour une utilisation sur piste en compétition, mais du fait moins pratique pour un usage plus quotidien et traditionnel. Cela dit, la sangle est assez longue pour savoir retirer le pression et simplement détendre la jugulaire afin de retirer ou d’enfiler le casque, même avec des gants (pas trop épais). Pour ceux qui ne visualisent pas bien, j’en fais la démonstration dans la vidéo en bas de l’article.

Absence de visière solaire

Pour gagner un maximum de poids sur la balance, Nishua n’a pas intégré de visière solaire rabattable à l’intérieur du casque. Alors qu’on retrouve des éléments de confort indéniables pour le reste, celui-ci se fait cruellement manquer.

Si en pleine journée ensoleillée on peut se contenter de la casquette pour s’abriter des rayons du soleil, c’est bien le matin et soir que cela va poser problème. Lorsque le soleil est plus bas dans la journée ou de biais par rapport à vous, vous ne saurez rien y faire et c’est directement dans vos yeux qu’il va piquer ! Ce qui fait qu’en plus de ne pas pouvoir simplement apaiser votre vision, vous allez réellement vous mettre en danger parfois si le soleil tape fort.

 

Trois solutions s’offrent à vous pour pallier à ça. La première c’est d’acheter la visière foncée en option à 40€ et de vous promener avec la visière claire sur vous si vous prévoyez de rentrer tard lorsqu’il fera sombre. La deuxième c’est d’emmener une paire de lunettes de soleil, ce qui vous permettra de laisser la visière claire sur le casque en toutes circonstances. Et la troisième serait d’acheter un masque de cross fumé ou iridium par exemple, mais avec les quelques inconvénient que ça comporte pour la route.

En parlant de paire de lunettes, je n’ai ressenti aucune gêne à en porter. Le casque est optimisé pour savoir les mettre et ça c’est une bonne chose à noter.

Les ventilations

Sa large ventilation avant au niveau du menton laisse présager de bonnes choses au premier regard. Mais en s’approchant, on remarque déjà qu’elle reste ouverte en permanence puisqu’il n’y a aucun clapet à manipuler. L’utilisation d’un cache-nez textile sera donc conseillé pour les périodes de l’année les plus fraîches surtout si votre moto n’a pas de bulle de protection.

La deuxième chose dont on s’aperçoit avec cette ventilation, c’est qu’elle n’apporte en réalité pas d’air directement sur votre bouche/nez mais uniquement vers le haut en direction de la visière. Un choix plutôt particulier d’autant plus que le Nishua Enduro est déjà équipé d’un dispositif anti-buée Pinlock très efficace.

 

Si sur une moto équipée d’une bulle haute voire mi-haute on capte de toute manière pas ou peu d’air frais à ce niveau du casque (le flux d’air est dévié par celle-ci), ceux qui sont équipés d’une bulle basse pourraient être gênés de ne pas savoir fermer cette ventilation au choix. Même si comme dit précédemment, elle n’apporte pas un flux d’air conséquent de toute manière.

D’ailleurs, c’est en off-road en position debout que l’on aurait aimé une meilleure efficacité de celle-ci. On compensera comme on peut, en retirant la bavette et en ouvrant un peu la visière si les chemins ne sont pas trop poussiéreux !

 

Une autre ventilation à hauteur du front peut quant à elle se fermer ou s’ouvrir à votre guise, et elle est largement efficace à l’usage. On n’hésite pas à la laisser ouverte très souvent d’autant plus qu’elle n’ajoute pas de nuisances sonores. On sait d’ailleurs la manipuler sans mal même avec la casquette en place, bon point.

Enfin, de multiples extracteurs d’air sont disposés un peu partout, caractérisés en gris clair de chaque côté du casque et au niveau du spoiler en position arrière haute. L’intérieur en tissu Coolmax s’occupera en parallèle de sécher « rapidement » votre transpiration lors des fortes chaleurs.

L’aérodynamisme

Sur ce plan, le Nishua ne convainc pas totalement. Avec la casquette en place, on a forcément des turbulences qui se créent, encore plus si la bulle de votre moto dévie directement le flux d’air sur le haut du casque. On s’y attend et ce n’est pas là le souci, il est évident qu’il vaut mieux réserver ce genre de configuration à des sorties hors voie rapide de préférence.

Mais ça reste malgré tout bien acceptable à moins de 90km/h. On fera juste attention sur certains mouvements de tête comme les angles mort ou pire en regardant en l’air, la prise au vent est significative. C’est surtout une question d’habitude si c’est le premier casque de ce type que vous portez.

 

Sans cette casquette, l’usage est confortable jusque 90km/h, les turbulences ont totalement disparues. Mais c’est sur voie rapide que ça se gâte puisque le casque subit une prise au vent qui tire légèrement notre tête vers l’arrière comme si ça appuyait sur l’aileron de l’arrière du casque, et c’est plutôt désagréable. Attention, ça reste léger dans l’absolu mais bien présent quand même.

En fait, lorsque la casquette est en place on a le vent qui appuie légèrement dessus et le vent de face qui pousse vers l’arrière, ce qui crée d’une certaine manière un équilibre moins dérangeant à l’usage. A l’exception bien sûr du fait que l’on a beaucoup plus de turbulences comme je vous en parlais.

Cela reste délicat à expliquer comme ressenti, mais tout ça pour dire que ce casque n’est pas sans défaut d’un point de vue aérodynamisme, en particulier sur voie rapide.

L’insonorisation

Clairement, le Nishua Enduro Carbone n’est pas un casque silencieux. Pire, il est carrément bruyant avec la casquette installée et je ne saurais que trop vous conseiller de porter des bouchons d’oreilles pour préserver votre ouïe à terme.

 

Malheureusement c’est à peine mieux sans la casquette, il ne fait pas figure d’exemple dans ce domaine. Et c’est bien dommage car on sait que les nuisances sonores contribuent à la fatigue sur la route…

D’une manière générale, les casques en carbone ne sont pas des références dans ce domaine. Et d’après mes essais ce n’est pas la ventilation mentonnière (ouverte en permanence) qui en est responsable mais bien l’ensemble du casque lui même.

Compatibilité high-tech

De base, ce casque ne semble pas être particulièrement optimisé pour recevoir un intercom. Cela dit, même s’il n’y a pas d’emplacement creusé pour placer les oreillettes, j’ai pu les mettre sans mal. Elles se retrouveront juste derrière une petite barrière de mousse qui atténuera d’ailleurs idéalement les aigus parfois piquants des intercoms lorsqu’on pousse le volume en général.

 

Attention à ce que la pince de l’intercom ne soit pas trop longue, car j’ai par exemple pu installer celle d’un Sena 10C mais pas celle du Cellularline Sport en photo ici. Heureusement, chaque intercom est livré avec une fixation autocollante si vous rencontrez le même problème. C’est donc ce que j’ai utilisé.

Ma caméra Drift Ghost-S a su prendre place en position mi-haute sans souci et le champ de vision n’est pas trop mal. La casquette masque forcément une partie plus importante de l’image mais passe encore. Vous pourrez voir tout ça en action dans la vidéo ci-dessous.

Notre test à retrouver en vidéo

Test du casque Nishua Enduro Carbone : un poids plume
Si le casque Nishua Enduro Carbone est indéniablement classe et léger à prix compétitif, on se rend compte à l'usage que certains défauts n'en font pas vraiment un casque que je qualifierais de "polyvalent".

La visière solaire manquante est pour moi le plus gros bémol que je lui ferais, tant c'est un accessoire de sécurité au quotidien pour un motard. Il existe bien des solutions pour pallier à ce manque, mais ça n'a rien de pratique à mon sens.

Sa mauvaise insonorisation obligera à porter des bouchons d'oreilles au minimum sur voie rapide et sa prise au vent perfectible font que je le réserverai en deuxième casque, pour une utilisation ponctuelle ou lors de petites et moyennes sorties à moto.

Il n'empêche malgré tout que son confort est de haut niveau par contre, et qu'il dispose d'un Pinlock anti-buée, d'une bavette amovible et d'une aération plutôt pas mauvaise qui n'en font pas de lui un mauvais casque, loin de là !

Vendu moins de 300€ chez Louis-moto.fr, le Nishua Enduro Carbone séduira avant-tout par son look très affirmé et par sa légèreté. Il fera son petit effet auprès des potes et ils seront toujours surpris lorsque vous leur annoncerez son tarif ^^
ON A AIMÉ
  • prix compétitif pour un casque carbone
  • des mousses très confortables
  • son look personnalisable
ON N'A PAS AIMÉ
  • insonorisation mauvaise, surtout avec la casquette
  • ventilation mentonnière uniquement sur la visière
  • absence de visière solaire intégrée
3.5Note Finale

2 Réponses

  1. clement

    Super ce test ! C’est à la suite de ton article que j’ai acheté ce casque…maintenant j’hésite sur la taille !
    D’après ce que tu explique les mousses se tassent rapidement.
    Qu’en est il aujourd’hui ? est ce que l’ensemble se tasse ou principalement au niveau des joues ?
    J’ai essayé la taille XL, j’y suis comme d’un chausson, le taille L est aussi confortable mais plus étriqué…d’ou ma question sur les mousses 😉

    Merci d’avance !
    Clem

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    • GalorV6

      Salut Clement. En fait j’ai noté que les mousses étaient particulièrement moelleuses et que ça « risquait » de se tasser plus vite que la moyenne. Mais à ce jour, je ne ressens toujours pas de tassement excessif, bien que je ne l’utilise que ponctuellement entre d’autres essais. Il me maintient encore très bien, le confort est royal vraiment !
      N’hésite pas à choisir la taille qui sert un peu les joues, tant que ça reste confortable au niveau de ton front 😉 dans ton cas, le L semble approprié.
      En espérant qu’il te plaise, tu m’en diras des nouvelles 😀
      Stéphane.

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