Bon, je sais, avant même de commencer ce test, vous avez sûrement dû vous demander pourquoi je testais un produit dont le nom de la marque peut se traduire littéralement par “Cul Sauvage” ?

Et bien détrompez-vous, il ne s’agit pas ici d’un coussin qui viendrait rendre votre fessier sauvage comme un cheval de prairie, mais bien d’un coussin pensé pour améliorer le confort sur les longs trajets à moto.

En effet, la société Wild Ass a été créée par une équipe d’américains provenant d’un fabricant de coussins anti-escarres pour le monde médical.

Ce fabricant, ne souhaitant pas s’impliquer dans le marché moto (qui est un marché tout petit par rapport au marché du médical), a vu une partie de ses employés quitter l’entreprise pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Ces derniers ont en effet vu un potentiel pour concevoir des produits utiles aux motards dans ce domaine, tout en sachant qu’ils maîtrisaient cette technologie anti-escarre. Ils ont décidé de lancer Wild Ass.

Le nom de la marque est effectivement destiné à faire sourire. Mais bon, quand on parle de fabriquer des coussins pour les maux de fesses, autant essayer de prendre le sujet à la légère côté marketing. Au moins on s’en souvient !

Pour l’anecdote, le Wild Ass est une espèce de cheval africain au postérieur assez marqué qui est devenu l’emblème de la société.

Après avoir tiré au clair ce mystérieux nom de marque, revenons au sujet principal.

J’ai donc eu l’occasion de tester ce coussin de selle Wild Ass pendant 3 mois sur plus de 7 000 km lors de mes trajets quotidiens mais également lors de mes différents gros trajets de 4/5h que j’ai pu parcourir. Il s’agissait de mon premier essai de ce type d’accessoire.

Voici donc mon retour complet sur cet équipement de confort.
Est-ce utile ? Est-il réellement efficace ? Parvient-il à supprimer toute douleur sur les longs trajets ? C’est ce que nous allons voir dans ce test 🙂

Présentation du coussin Wild Ass Polyuréthane + Gel

A l’ouverture de la boite jaune, on découvre :

  • le coussin à gonfler, composé de polyuréthane et de gel et doté d’une valve,
  • la housse dans laquelle on va venir insérer le coussin. Cette dernière est réalisée en matière respirante côté fessiers et en matière anti-dérapante pour le côté en contact avec la selle,
  • les deux sangles de maintien,
  • des rustines au cas où l’on percerait malencontreusement le coussin,
  • et enfin la notice en plusieurs langues dont le français.

 

Le coussin en lui-même est composé d’un ensemble d’alvéoles qui communiquent entre-elles et que l’on va venir remplir d’air.
Cette communication entre les alvéoles permettra ainsi de mieux répartir les points de pression du fessier sur toutes les bulles d’air plutôt que sur 2 zones précises sous les fesses.

Les points de pression sont ainsi diffusés et non concentrés

Les points de pression sont ainsi diffusés et non concentrés

Ainsi, lorsque l’on bouge ne serait-ce qu’un minimum sur la selle, tout le fessier est stimulé grâce à la circulation de l’air mis sous pression par le poids du motard et vient ainsi faire circuler le sang, ce qui empêche les douleurs et limite les points de pression.

 

Il s’agit concrètement de la même technologie de fonctionnement que les coussins médicaux anti-escarres. Ce n’est pas très glamour mais cela a le mérite d’exploiter une technologie déjà bien éprouvée dans un autre milieu.

Installation sur la selle de la moto

Passons maintenant à l’installation du coussin sur la moto qui est simple et rapide. Il suffit de faire passer les sangles dans la housse, de scratcher les sangles sous la selle en la retirant et le tour est joué.

Ce qui m’aura pris le plus de temps et m’aura été le plus difficile à réaliser est le réglage de la quantité d’air à mettre dans le coussin.
En effet, pour bien régler le confort du coussin, il faut le gonfler au maximum puis le dégonfler progressivement en s’asseyant dessus jusqu’à avoir les fesses enfoncées dans le coussin. Ensuite, on bouge sur la selle et l’on répartit l’air en vérifiant qu’il n’y a pas plus d’1 cm d’air.

 

Ce réglage est important car, s’il y a trop d’air, ce n’est ni efficace ni confortable.
J’ai mis plusieurs dizaines de kilomètres avant de trouver le bon réglage. Mon astuce a été de rouler sur une ligne droite avec la valve sortie de la housse, et de dégonfler progressivement en roulant afin de trouver le réglage optimal. Mes réglages à l’arrêt se révélant non optimaux, j’ai préféré opter pour cette solution.

Mais, une fois que c’est réglé on n’y touche plus, donc il s’agit d’un réglage à faire une bonne fois pour toute.

Un fois que c’est prêt et bien installé, on ne va pas se le cacher, le look est assez moyen mais ce n’est pas que l’on va chercher ici, il s’agit avant tout de gagner en confort grâce à une solution que l’on peut facilement mettre et retirer de sa selle.

Revers de la médaille de cette mobilité, le coussin peut être volée facilement puisqu’il ne tient que par 2 sangles à scratch. Je ne saurai donc que trop vous conseiller de retirer le coussin de votre moto lorsque vous la laissez seule pendant plusieurs heures et sans surveillance.

Confort sur route

Maintenant que tout est prêt, allons vraiment rouler ! Le meilleur test que j’ai pu faire pour éprouver ce coussin Wild Ass fut mon aller-retour au Triumph Tiger Day. En effet, avec 6h de route allez-retour et 600 km (dont 90% d’autoroute), autant vous dire qu’avec ma selle classique sur la Tiger 800, j’ai des douleurs au postérieur au bout d’une heure voire une heure et demi si je suis en forme.

 

Et bien là, je n’ai pas souffert contrairement à mes compères de route. Je n’avais pas vraiment de douleurs aux fesses pendant ni après le trajet, et cela m’a permis de rester plus frais sur la route.

La sensation lorsqu’on est assis sur le coussin est assez étrange car l’on flotte au-dessus de sa selle et cela “bouge” avec l’air qui circule sous les fesses lorsqu’on fait un léger mouvement. Cela nécessite donc un certains temps d’adaptation mais, une fois calé et habitué, c’est très agréable.

On a littéralement les fesses calées dans le coussin, et dès que l’on commence à avoir une légère douleur, on bouge un peu sans lever les fesses et cela fait changer la zone de pression sur la partie du corps en contact avec la selle, ce qui évite la formation de zones douloureuses.

De plus, j’ai trouvé que cela limitait la chaleur et l’humidité sur l’assise lorsqu’il fait très chaud ou qu’il pleut, grâce aux espacements entre les alvéoles d’air, permettant ainsi une bonne circulation de l’air. En revanche, cette épaisseur vient rendre totalement inefficace votre selle chauffante si vous en êtes doté comme c’est le cas sur ma Tiger 800.

La technologie anti-escarres employée par Wild Ass est donc bien efficace à mes yeux et je sens directement la différence de confort lorsque je réutilise ma selle sans le coussin.
Il est donc particulièrement utile pour les trajets de plus de 45 min / 1h dans mon cas car je commence souvent à avoir des douleurs à partir de 1h de trajet. Bien entendu, ce paramètre de durée de trajet sera très variable selon le pilote et la moto, car il s’agit d’un critère très subjectif et personnel.

 

Petite aparté concernant l’usage en offroad, j’ai personnellement préféré ne pas tenter car je ne voulais pas me retrouver avec un coussin percé à cause d’une branche ou d’un élément pointu qui serait venu se loger entre la selle et le coussin. Et je suis très souvent debout en tout terrain donc je n’y voyais pas d’intérêt à laisser le coussin installé dans ce genre de situation.

Pour un usage en mode autoroute ou roulage en balade tranquille, c’est idéal. Par contre, si vous souhaitez attaquer et avoir une conduite sportive avec le Wild Ass, je vous conseille de le dégonfler et de ne garder que la couche de gel en confort car le coussin empêche toute mobilité de votre bassin pour pouvoir pencher, sortir les fesses et attaquer dans les virages.

C’est d’ailleurs l’un des intérêts du modèle polyuréthane + gel que j’ai eu en test, à savoir la possibilité de pouvoir l’utiliser de manière confortable en mode dégonflé pour arsouiller grâce à la couche de gel.

Je n’ai pas été super convaincu par cette idée de dégonfler en usage sportif. Cela implique de prendre le temps de dégonfler le coussin (donc de devoir refaire ses réglages) et de savoir que la zone où l’on va rouler est la zone d’arsouille. S’il faut s’arrêter pour dégonfler, je préfère encore retirer le coussin pour la zone “fun” et le remettre une fois cette dernière passée. C’est plus rapide à mon humble avis, de retirer et remettre le coussin, que de commencer à le dégonfler et refaire le réglage d’air.

Après, comme je roule sur un trail et non une sportive ou un roadster sportif, je n’ai pas non plus une conduite en attaque des plus vive. J’ai trouvé qu’il était possible de conduire de manière joueuse sans forcément dégonfler, il suffit juste de s’y habituer.

Autre détail à noter, la hauteur de selle. En effet, comme l’on vient ajouter 1 cm d’air entre vous et la selle, cela ajoute indéniablement 1 cm de hauteur de selle. Si vous êtes donc court sur pattes ou calé en position selle haute, pensez à ajuster votre hauteur de selle pour rester à l’aise à l’arrêt. Ayant des grandes jambes et mesurant 1m82, je n’ai pas été gêné sur ce pan. Mais ce centimètre de hauteur supplémentaire est à signaler.

 

Enfin, pour ce qui est de la longévité et du vieillissement du coussin Wild Ass, je n’ai pas noté d’usure ou de soucis à l’issue de ces 3 mois d’utilisation. Le matériau de la housse ne peluche pas, n’a pas changé de couleur, et les sangles élastiques sont toujours efficaces malgré la pluie, le froid et les fortes chaleurs que j’ai pu subir au guidon de ma moto sur ces 3 derniers mois.

Prix et modèles disponibles

Afin de s’adapter à tous les types de motos et d’usages, Wild Ass propose 3 formes de coussin :

  • Une version pour les assises larges (modèle Smart) à destination des routières, des cruisers et des customs.
  • Une version taillée en V (modèle Sport) à destination des trails, sportives et roadsters.
  • Et enfin une version carrée (modèle Pillion) pour le siège passager.

 

Chacune de ces versions est proposée dans 3 types de matériaux, avec 3 prix différents en fonction de l’intensité d’usage :

  • Polyuréthane : 110€, pensée pour un usage occasionnel.
  • Polyuréthane 3 couches + Gel : 190€, pensée pour un usage plus intensif ou sportif et apportant encore plus de confort et de solidité que la version polyuréthane seule.
  • Néoprène : 220€, pensée pour un usage très intensif à destination des grands voyageurs faisant des milliers de kilomètres d’affilé.

 

De ce fait, je trouve que le modèle polyuréthane 3 couches + gel est le meilleur rapport qualité prix de la gamme car il conviendra je pense à la plupart des motards.
Il peut ainsi être utilisé sur toutes les situations de conduite, offre un bon confort et une solidité supérieure.

Au niveau du prix, nous sommes donc à 190€. Cela peut paraître élevé comme tarif mais je trouve cela moins cher que d’acheter une selle confort pour sa moto, que l’on devra en plus laisser avec le jour où on la revend.
Là, l’idée c’est de s’acheter une fois cet accessoire et de la garder à vie. Je trouve donc le concept intéressant car il s’agit en quelque sorte d’une selle confort mobile et transférable.

Enfin, si on le compare à la concurrence, il faut savoir que Wild Ass n’utilise pas les mêmes technologies que des modèles que l’on trouve moins chers sur le marché. J’ai en effet pu échanger avec l’importateur français de la marque américaine qui m’a expliqué les raisons de cet écart de prix par rapport à d’autres modèles :

“Le coussin ici en essai est dans un polyuréthane à 3 couches donc très résistant. Les concurrents sont uniquement sur un polyuréthane à couche simple, donc moins confortable et moins résistant (comme notre modèle d’entrée de gamme).

De plus, nous sommes les seuls à intégrer la technologie dite « air-gel », c’est-à-dire avec les inserts en gel, qui permet à la fois les longues liaisons avec la technologie air, et à la fois l’arsouille en dégonflant le coussin et utiliser ainsi la techno gel. C’est le meilleur des deux mondes en fin de compte. Nos concurrents n’ont pas cette technologie, qui évidemment a un coût.

J’ai d’ailleurs récemment eu un retour client qui a testé le polyuréthane simple et le polyuréthane + gel, et qui me disait que le confort entre les deux était incomparablement en faveur du polyuréthane + gel sur les longs trajets.”

Je vous laisse donc libre de juger si cela est utile pour votre usage mais, ce que je constate de mon côté, c’est que cela fonctionne et que c’est confortable 👍

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Le test du coussin Wild Ass en vidéo

Test du coussin de selle Wild Ass Polyuréthane + Gel : selle confort mobile
En conclusion, j’ai été surpris par le confort apporté par ce coussin Wild Ass. J’étais assez sceptique au début mais il est vite devenu un accessoire indispensable pour les trajets de plus de 45 min pour mon usage puisque la selle de mon Tiger n’est pas d’un confort absolu.

Même si le style de cet accessoire n’est pas des plus élégant, cela permet de ne pas devoir investir dans une coûteuse selle confort (qui coûte souvent entre 200€ et 500€), et il est ainsi possible de le conserver très longtemps. C’est assez économique si l’on regarde sur un usage à long terme.

Bien entendu, ce genre d’accessoire ne sera pas utile à tout le monde. Les motards du dimanche aimant prendre leur moto pour rouler 20 min pour aller boire un coup au café du coin, ou les traillistes restant en permanence debout sur leur selle n’y verront pas d’intérêt. Mais, pour les personnes souhaitant voyager ou faisant souvent des trajets sur lesquels elles ressentent des douleurs après un certains temps de route (délais certes subjectif et propre à chacun selon la personne, la moto, le confort de selle d’origine), ce coussin Wild Ass sera idéal.
ON A AIMÉ
  • Le confort apporté sur les trajets
  • Facilité de montage et démontage sur la selle
  • Finition du coussin et de la housse
ON N'A PAS AIMÉ
  • Réglage de la quantité d'air pas forcément aisé
  • Facile à voler sur la moto
  • Selle chauffante inutilisable une fois installé
4.0Note Finale

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