Test des crashbars Outback Motortek pour Triumph Tiger 800 : protection discrète mais très efficace

Sur ma précédente moto, à savoir la Triumph Tiger 1200 Explorer 2017, j’avais décidé de tenter l’expérience de protection de mon maxi-trail avec des crashbars de la marque SW Motech, qui faisaient d’ailleurs extrêmement bien le travail (vous pouvez retrouver le test de ces crashbars ici).

Pour mon nouveau trail, la Triumph Tiger 800 XCa 2018, mon âme de curieux a eu envie d’aller chercher et découvrir d’autres marques de crashbars. En parcourant internet à la recherche d’un modèle semblant pertinent et efficace, je suis tombé nez à nez avec la vidéo de Lorry Gombos, fondateur et gérant de la marque Outback Motortek. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle donnait le ton sur la manière dont sa société vérifiait et testait la solidité de leur matériel.

Face à tant de confiance (c’est sa moto personnelle après tout), je me suis dit qu’il fallait tenter cette marque pour ma Tiger !

Présentation de la marque Outback Motortek

Fondée en 2013 par Lorry Gombos et sa femme Kelli avec l’envie de mieux protéger leur trail à la suite d’un périple de plus de 11 000 km au travers de l’Europe centrale, l’idée est devenue en quelques mois une réalité qui a mis en oeuvre tout le savoir familiale historique dans le travail du métal.

Parce que le métal et la soudure, cela fait 30 ans que c’est pratiqué dans la famille. Ce qui les a bien aidé à se lancer ! Le rythme se met rapidement en place avec Lorry qui travaille au Canada sur la conception des produits, et son frère avec son père qui pilotent la production, les stocks et l’expédition en Hongrie. Une vraie affaire familiale qui mélange à la fois un savoir faire sur des machines de production anciennes et manuelles, mais aussi une maîtrise des dernières technologies d’ouvrage sur métal. C’est vraiment très sympa à découvrir et je vous invite à consulter leur page consacrée à la fabrication de leurs produits si l’envie vous tente d’en savoir plus.

Côté motos travaillées, la sélection est de ce fait assez courte et axée sur des motos adventure dual-sport récentes :

  • KTM 1050/1090/1190/1290 Adventure
  • Triumph Tiger 800
  • BMW F700GS/F800GS
  • Suzuki V-Strom 650
  • Honda Africa Twin CRF1000L

Les équipements proposés sont également restreints avec des crashbars, des sabots moteur et, pour certaines motos, des béquilles centrales, des porte-paquets ou encore des supports de valises latérales.

Présentation des crashbars Outback Motortek pour Tiger 800

Au déballage (très bien réalisé et protecteur soit dit au passage), on découvre 4 éléments de protection destinés à être montés de part et d’autre de la Tiger, ainsi que la visserie et la notice.

Contrairement aux crashbars Triumph d’origine, les crashbars Outback Motortek viennent protéger à la fois le moteur mais aussi la partie de l’écope ainsi que les clignotants qui sont particulièrement exposés sur la Tiger, grâce à une protection en 2 parties assemblées.

La finition noir poudré des tubes en acier n’appelle à aucun reproche et c’est même plus propre et mieux fini que les crashbars Triumph je trouve. De plus, les soudures sont soignées et le diamètre des tubes bien plus balaise ! En effet, on rentre clairement dans une autre catégorie puisque l’on passe de 23mm à 27 mm de diamètre sur les tubes avec une épaisseur d’acier de 2 mm.

Visuellement, on perçoit nettement la différence de robustesse, et à la pesée aussi. Tout ce surplus de robustesse et de protection engendre, effectivement, une inflation du poids par rapport aux crashbars Triumph puisque l’on passe de 3 kg à 6 kg pour l’ensemble. La moto prend donc 3 kg sur la balance mais, le poids étant placé au bas de la moto, j’étais confiant d’avance quant à l’absence de différence de poids ressenti.

 

Montage des crashbars

Outils nécessaires

Avant de vous lancer dans le montage, il faudra vous doter de plusieurs outils pour mener à bien cette étape :

  • Un set de clés à cliquet contenant notamment des rallonges de bras de serrage
  • Un set de clés Allen
  • Une clé dynamométrique
  • Du frein filet

Si vous n’avez pas ces éléments, achetez ces outils ou faites faire le montage par votre concession favorite afin d’éviter tout problème. Il est question de travailler sur des vis proches du moteur mais aussi des vis prenant des vibrations. L’investissement dans des outils de bonne qualité est donc essentiel pour obtenir un montage réussi.

Etape de montage

Pour pouvoir attaquer le montage des nouveaux crashbars, il faudra démonter au préalable les crashbars Triumph. L’opération se réalise très simplement et ne prend que quelques minutes.

On découvre ensuite la notice bien détaillée des modèles Outback Motortek. Les étapes à suivre sont à chaque fois accompagnées d’une explication texte ainsi que d’une photo.

Pour en arriver au bout, comptez environ 2h de montage en prenant votre temps et tout se fait globalement facilement. Comme toujours, pensez à ne rien serrer à fond tant que l’ensemble n’est pas assemblé afin de faciliter l’emboîtement des pièces.

Le seul passage que j’ai trouvé compliqué est celui où il faut retirer de chaque côté la vis qui retient le moteur à l’avant et qui n’est vraiment pas pratique à atteindre, il faut s’armer de patience pour faire cela correctement. C’est un soucis plus spécifique aux Triumph Tiger en elles-mêmes puisque j’ai vécu la même galère de montage sur cette étape lors de l’installation des crashbars sur mon ancienne Tiger Explorer.

Dernier détail où j’aurai aimé plus de clarté, les couples de serrage de chaque vis ne sont pas indiqués dans les étapes de montage. Il faut se reporter à un tableau détaillant les couples selon le type de vis mais, n’étant pas un cador pour connaître le diamètre d’une vis, il aurait été plus simple d’indiquer directement le couple à appliquer. Enfin, à noter, la notice était en anglais et non en français. Personnellement cela ne me dérangeait pas mais je tiens à la signaler.

 

Après cette expérience de montage, j’ai remonté ces deux remarques au fondateur Lorry qui a pris en compte mes commentaires et m’a répondu cette semaine qu’une notice en français allait voir le jour d’ici début Mai (elle est en cours de finalisation à l’heure où j’écris ce test) et qu’ils vont ajouter les couples de serrage à la notice. Une bonne nouvelle donc pour les futurs acheteurs ! J’ai apprécié en tout cas cette prise en compte de mes critiques et cette mise en place rapide du plan d’action de correction.

Remarques de compatibilités avec les équipements Triumph

En réalisant le montage, j’ai pu constater certaines compatibilités et incompatibilités avec les équipements proposés de série ou en option :

  • Les crashbars Outback Motortek sont bien compatibles avec le sabot moteur aluminium Triumph. Il n’y a pas de points de fixation communs et ils ne se gênent pas l’un l’autre. Il n’y a donc pas d’obligation à prendre le sabot moteur que propose Outback Motortek.
  • La grille de protection de radiateur Triumph frotte légèrement sur les 2 points de fixation de la jonction des crashbars Outback Motortek. Pour éviter tout problème de friction, j’ai ajouté 2 petits morceaux de patin de chaise en feutre adhésif et le problème était réglé.

Efficacité de protection contre les chutes !

Visuellement, c’est très réussi. L’intégration des crashbars Outback est très élégante et vient offrir une large protection du bas moteur mais aussi (surtout) des écopes ainsi que des clignotants (dans une certaines mesure, nous y reviendrons après), qui sont particulièrement exposées sur la Tiger 800.

C’est simple, avec les protections Triumph d’origine, à la première chute, vous cassez une écope. Il s’agit de plastique rigide et peint, monté sur des fixations rigides. Et vu le tarif d’une écope (un peu plus du centaine d’euros), l’investissement est vite rentabilisé.

Vu la faible hauteur des barres de protection, vous devez sûrement vous dire que ce n’est pas suffisant et que l’écope prendra quand même, qu’il aurait fallu que cela monte plus haut… et bien non pas besoin !
En effet, la Tiger 800 a des points de fixation très solides au niveau du moteur. Il est donc plus sensé de créer un crashbar compact et solide, qui restera proche des points fixations, et évitera de se plier comme des crashbars plus longs qui subiront un plus gros effet de bras de levier en cas de chute. Le résultat pourrait être pire que mieux en cas de crashbar venant faire un câlin à votre écope.

Voilà donc la théorie soutenu par Outback Motortek sur la raison de ce choix de design. Maintenant passons à la pratique pour vérifier si la résistance et la protection est avérée.

Et pour tester, j’ai bien entendu effectué des tests en couchant la moto, en crash test, mais j’ai surtout eu le meilleur terrain de jeu offroad possible pendant 2 jours : le March Moto Madness !
J’ai eu l’occasion de faire plus de 500 km aller retour pour m’y rendre et ces crashbars ne génèrent pas de bruit ni de différence dans la conduite à haute ou basse vitesse, ni même en offroad. On ne ressent pas les 3kg qui sont placés bas donc pas d’inquiétude à se faire sur ce point.

 

Malgré mes 2 chutes sur place, la moto est revenue indemne de ce weekend fort amusant. J’ai fait une première chute pratiquement à l’arrêt à gauche sur des cailloux, et forcément, le frottement contre le cailloux a légèrement griffé la barre mais aucun mouvement, pli ou dégradation sur la moto à signaler.

Puis j’en ai fait une seconde sur le côté droit cette fois, dans un terrain de cross à une vitesse de 15-20 km/h, et là, aucun soucis à signaler. Comme j’étais dans de la glaise, il n’y a eu aucune griffe, pas de mouvement des barres et surtout aucun dommage sur la moto !

 

Les protections sont également efficaces pour protéger la pédale de frein arrière et le sélecteur grâce à leur largeur importante, ce qui est aussi un bon point. En résumé, j’étais vraiment content et satisfait de la protection assurée par les crashbars. J’étais en confiance pour m’amuser et je ne craignais pas d’endommager ma moto en cas de chute lors de ce weekend tout-terrain.

 

Pour confirmer la couverture de protection, j’ai décidé de continuer l’expérience et effectuant un crash test chez moi dans le jardin, pour analyser plus en détail les zones protégées et exposées avec ces modèles Outback Motortek.

 

En mettant la moto par terre, on constate nettement que l’écope est bien protégée malgré la faible amplitude des barres de protection supérieures. Le moteur complet ainsi que les commandes sont également bien protégées par la partie inférieure. La mission est donc remplie pour ces crashbars Outback Motortek qui font parfaitement le travail.

Nous verrons si cette solidité se confirme avec les mois et les années, mais il n’y a pas de raison que cela change.

Remarque importante concernant les Tiger 800 à partir de 2018

Pour une raison que je ne saurai expliquer, Triumph a décidé, sur sa 3ème génération de Tiger 800 (donc à partir de  2018), de remplacer les clignotants flexibles à ampoule par des clignotants LED extrêmement rigides. C’est vraiment dommage de la part du constructeur d’avoir fait ce choix car ces clignotants rigides ne plient pas en cas de chute et viennent à la place fissurer le plastique de l’écope.

Donc la solution qui s’offre à nous est de remplacer les clignotants par des modèles plus compacts, qui ne dépasseront pas des crashbars. Ce problème n’est pas spécifique aux modèles Outback Motortek mais concerne tous les modèles de crashbars proposés par toutes les marques. Et, vue la longueur des clignotants LED Triumph, espacer le crashbars pour mieux protéger les clignotants ne ferait qu’affaiblir la solidité des crashbars et augmenter le risque qu’ils plient.

Personnellement, j’ai opté pour des clignotants Rizoma Leggera afin de régler le problème, et le résultat est très sympa et discret.

 

Prix, coloris et disponibilité :

Si les crashbars Outback Motortek vous tentent, sachez qu’il faudra compter 219€ plus 25€ de frais de port, soit un total de 244€. Deux coloris sont disponibles afin de s’accorder au mieux avec la couleur de votre Tiger : noir mat et argent mat.

Que l’on soit clair, c’est plus cher que certaines marques d’équipement allemand très connues ; mais c’est le prix à payer pour avoir un produit fait main, offrant une protection robuste, discrète et efficace. Personnellement, je trouve que cela les vaut et j’ai vraiment été séduit par ce système de protection.

Vous pouvez retrouver les crashbars sur le site de Outback Motortek par le biais de ce lien : https://europe.outbackmotortek.com/product/crash-bars-triumph-tiger-800/

Vidéo de test des crashbars Outback Motortek pour Tiger 800

Vous l'aurez compris en lisant ce test, j'ai été conquis par ces crashbars Outback Motortek.
La qualité de fabrication et la finition sont très sérieuses, la protection au top tout en restant discrète, bref difficile de leur trouver des reproches si ce n'est un montage un peu laborieux sur certaines étapes et une notice qui n'est pas en français (mais qui le sera très bientôt !).
Clairement, je vous les recommande.
ON A AIMÉ
Qualité de fabrication et finition
Protection excellente
Discrétion des barres une fois installées
ON N'A PAS AIMÉ
Montage un peu laborieux sur certaines étapes
Notice en anglais (mais bientôt disponible en français)
4.6