Test des gants hiver chauffants Racer Heat 3 : tranquillement au chaud

Rouler l’hiver sans avoir les mains gelées est essentiel. En effet, des mains engourdies viendront ralentir fortement votre capacité à réagir rapidement sur la route en cas d’urgence. Pour contrer ce phénomène, plusieurs solutions sont possibles : des poignées chauffantes, des pare-mains (des modèles vraiment enveloppants), des manchons (la police du bon goût dira que c’est une hérésie sur une moto), des gants hiver ou encore des gants chauffants (comme les Racer Heat 3 essayés ici).

Jusqu’à présent, j’avais toujours été un adepte du combo poignées chauffantes / manchons / gants hiver pour rouler la saison froide, mais cette solution assez coûteuse n’est clairement pas la plus sexy et discrète.

De ce fait, lorsque j’ai eu la possibilité de tester le dernier modèle haut de gamme de gants chauffants de la marque française Racer, les Heat 3, je me suis dit que c’était une belle occasion de voir si des gants chauffants seuls étaient capables de m’offrir le même niveau de sécurité et de confort (voire même plus) que le combo que j’utilisais précédemment.

Voilà maintenant 1 mois et 2000 km que j’utilise ces gants, et vue la saison hivernale bien froide, je me suis dit qu’il était pertinent de vous faire un retour complet sur ces derniers dès maintenant. Alors que valent ces modèles Racer Heat 3 ? Est-ce une solution viable et discrète pour rouler au chaud l’hiver quelles que soient les températures ? C’est ce que nous allons voir ensemble !

Le froid, une notion relative pour chacun

Avant de vous parler plus en détail des gants Racer Heat 3, je souhaitais prendre 2 minutes pour vous permettre de comprendre le contexte dans lequel j’ai essayé ces gants et donc de relativiser mes propos selon votre usage et votre résistance personnelle au froid.

Premièrement, il faut savoir que je suis du genre très sensible au froid au niveau des mains et en particulier au niveau du bouts des doigts. Même avec des gants hiver classiques et des pare-mains, j’arrive à avoir les doigts gelés. C’est pour cela que je m’étais mis aux manchons, ce n’était pas très beau mais c’était efficace. Donc tous les mâles alpha au fond de la salle qui roulent en mi-saison ou gants été car ils n’ont jamais froid, ce test ne vous concernera pas forcément.

Deuxièmement, j’ai un usage majoritairement autoroutier. Je parcours 100 km tous les jours dont un peu plus de 80 km sur autoroute à 120 km/h en moyenne, et 20 km de ville/départementale. Je ne suis pas trop du style motard urbain ou du périphérique parisien. Je subis donc le froid sur une période relativement longue et à haute vitesse.

Troisièmement, c’est la première paire de gants hiver chauffants que je teste dans mon expérience motarde. Donc je n’ai clairement aucun point de comparaison par rapport à d’autres modèles et je ne pourrai pas dire si ces Racer Heat 3 sont mieux ou moins bien que des modèles concurrents équivalents. Je vais donc simplement vous partager mon retour d’expérience avec ce modèle.

Présentation des Racer Heat 3 : haut de gamme à la française

Protégés dans une jolie boite en carton à ouverture magnétique, on retrouve à l’intérieur :

  • Les gants chauffants Racer Heat 3,
  • 2 batteries Lithium-Ion 7,4V rechargeables, d’une capacité de 2200 mAh,
  • le chargeur de batterie, qui permet de charger les 2 batteries en simultané via un connecteur spécifique,
  • et la notice.

Haut de gamme oblige, la marque s’est employée à n’utiliser que des matériaux de bonne qualité. On retrouve ainsi :

  • du tissu impercore de type Polymax et du cuir hydrofuge sur le dos,
  • du cuir de hydrofuge et oléofuge (anti-adhésion des graisses) sur la paume,
  • et une doublure interne faite de polaire et de ouate polyester de type Primaloft sur laquelle se trouve le système chauffant.

Point important à signaler, il faut savoir que la chauffe se fait sur tout le dessus de la main et non le dessous, et le système va bien jusqu’au bout des doigts. De ce fait, seule la partie de la main en contact avec les poignées n’est pas chauffée.

 

Ce système chauffant est ensuite géré par un interrupteur bouton étanche avec indicateur de niveau de charge sur le dessus de chaque poignet, et l’alimentation est assurée par batterie grâce à une poche située dans le gants, capable d’accueillir 2 batteries pour une autonomie prolongée. On retrouve ainsi 2 connecteurs dans chaque gant afin de brancher lesdites batteries.

Côté protection, là aussi on sent que l’on n’est pas face à une paire de gants de ski puisque l’on retrouve :

  • du cuir de chèvre pour une bonne résistance à l’abrasion,
  • des coques de protection afin de protéger l’embase des métacarpes,
  • des protections plus légères sur le bout des doigts et le bas interne de la paume de main.

Ces gants obtiennent ainsi la certification CE 1KP (de son nom complet CE EPI EN13594-2015 1KP) mais j’aurai tout de même préféré un système de protection plus costaud au niveau de la paume que cet insert en gel.

 

Dernier point à signaler, la finition est de très bon niveau, je n’ai rien à leur reprocher à ce jour. Les assemblages et coutures sont propres et bien réalisés, l’ensemble fait solide et robuste. Donc là-dessus, c’est du tout bon.

Un système de chauffe facile à comprendre et à maîtriser

Pour allumer et éteindre chaque gant, il suffit d’appuyer sur le bouton situé sur chaque manchette pendant 3 secondes. Deux petites LED s’allument afin de vous indiquer le niveau de puissance et le niveau de batterie restant.

D’un simple appui sur le bouton, il est ainsi possible de basculer entre 4 modes :

  • Puissance haute,
  • mode boost,
  • puissance moyenne,
  • et puissance minimum.

Le témoin de batterie sur les gants est lui aussi lisible et clair une fois que l’on a bien compris la signification des couleurs (vert, vert clair, rouge) et des clignotements. D’ailleurs, comme ce modèle peut accueillir 2 batteries, 2 indicateurs lumineux sont intégrés afin de connaître le niveau de charge restant sur chaque batterie.

En parlant de batterie, il faut savoir que le temps de charge de ces batteries de 7V / 2200 mAh nécessite environ 4 heures lorsqu’elles sont complètement vidées. Un indicateur LED est présent sur le chargeur afin de savoir quand elles sont chargées (il bascule du rouge au vert).

 

L’autonomie que j’ai relevé est assez variable selon le niveau de puissance utilisé. En effet, plus l’on va demander un niveau de chauffe important, plus les batteries vont être sollicitées et se vider rapidement. J’ai pu ainsi relever sur ce mois d’utilisation une autonomie moyenne de :

  • 1 heure en mode boost (qui est le mode le plus puissant et le plus énergivore, à utiliser de manière temporaire et occasionnelle pour se réchauffer),
  • 2 heures en puissance haute,
  • 3 heures et 30 minutes en puissance moyenne,
  • et 5 heures en puissance minimum.

Racer annonce dans sa notice une autonomie de 2 à 10 heures en mode double batteries. Donc la marque me semble honnête et cohérente sur les données théoriques qu’elle indique.

 

Est-ce mieux ou moins bien que la concurrence ? Je ne saurai le dire. En tout cas, les 2 heures de chauffe en puissance haute sont bien assez pour les trajets du quotidien même lorsqu’il fait très froid comme nous le verrons juste après.

Si ce n’est pas assez car vous comptez partir faire un road trip en montagne ou dans des pays nordiques, sachez que Racer propose en option des batteries additionnelles (pour passer à 2 batteries dans chaque gant) et des systèmes de connexion directe à l’allume-cigare ou à la batterie de la moto afin de s’affranchir des petites batteries. On se retrouve ainsi avec une autonomie « illimitée » grâce à cette connectique directe.

Confort sur route : on s’y sent bien

Grâce aux larges manchettes à ouverture réglable et à la sangle de serrage au niveau du poignet, l’ouverture est large et permet un enfilage facile. Je n’ai jamais vraiment eu de difficulté à les mettre.

Je regrette juste que la doublure ne soit pas attachée au bout des doigts car elle a tendance à bouger légèrement au retrait des gants, surtout avec les mains un peu humides ou transpirantes. On n’est clairement pas au stade de la doublure qui bouge tout le temps et qui en devient pénible (vu qu’ici, cela bouge juste un peu), mais c’est à signaler.

La première chose qui m’a marqué une fois ces gants portés, c’est l’épaisseur qui n’est pas trop importante pour des gants hiver. Cela me change de mes autres gants hiver non chauffants. Comme le système chauffe, il n’y a donc pas besoin de les épaissir autant que des gants classiques pour garder la chaleur.

A l’usage, c’est très agréable car cela permet un bon feeling avec les commandes. On n’en est pas non plus à avoir le feeling que l’on peut obtenir avec des gants mi-saison mais cela s’en rapproche fortement. De même au bout des doigts, on ne se retrouve pas avec une grosse épaisseur. Vous l’aurez compris, j’apprécie conduire avec ces gants, bien plus qu’avec mes gants hiver classiques. Les batteries ne provoquent pas non plus une sensation de lourdeur sur les poignets, elles se font oublier.

Passons au sujet le plus important, à savoir le confort interne face au froid glacial de l’hiver. J’ai roulé, durant ces 4 dernières semaines, sous des températures allant de 10°C à – 5°C, ce qui m’a permis de me faire une opinion sous un panel de températures assez large. Et au final, je trouve que l’on est « bien comme il faut » :D. C’est-à-dire que l’on a ni trop chaud ni trop froid. Je ne sais pas comment le décrire mais le système de chauffe est bien dosé et l’on est moins agrippé sur les poignées comme cela peut être le cas lorsque l’on utilise des poignées chauffantes.

De ce fait, j’ai pu constater que chaque niveau de puissance était adapté à une tranche de températures spécifiques :

  • De -5°C à 4°C : Le niveau de puissance haut est idéal. On est à l’aise et l’on ne se rend absolument pas compte de la température extérieure (sauf quand on n’a plus de batterie, là c’est la punition 😅). Cette puissance haute commence tout de même à montrer ses limites à partir de -6°C après 20 minutes à rouler 130 km/h (forcément, avec du ressenti à -19°C, cela commence à faire beaucoup…). Le mode boost vient compenser dans ce genre de situation mais il dévore la batterie.
  • De 4°C à 8°C : Le niveau de puissance moyen est bien adapté.  Là aussi, on ne ressent pas du tout le froid ambiant et l’on conserve une bonne autonomie.
  • De 8°C à 10°C : On peut dans ce cas utiliser le niveau de puissance bas. Cela chauffe très légèrement, on le ressent peu sur la route et au final, c’est l’isolation du gant qui vient surtout protéger. C’est juste un petit plus de confort mais le niveau 1 reste avant tout pour un usage sous des températures douces.

 

L’isolation du gant est d’ailleurs relativement performante vu son épaisseur amoindrie et elle permet d’utiliser les gants sans la chauffe activée. Cependant, on atteindra vite les limites puisque j’ai commencé à avoir vite les doigts gelés à partir de 20 min sous les 8°C. On sent que ces gants et cette isolation sont avant tout pensés pour être performants et utilisés avec le système de chauffe activé.

 

Dans toutes ces situations, j’avais bien chaud au bout des doigts, aux doigts, sur le dessus de la main, mais par contre l’intérieur de la main restait plus froid puisque les Racer Heat ne chauffent pas cette zone. Ce n’est pas hyper gênant car au final, la chaleur dégagée irradie dans le gant et vient chauffer toute la main, mais il n’y a pas de chauffe par contact direct sur cette zone.

Par conséquent, si vous possédez déjà des poignées chauffantes sur votre moto comme moi, et bien là je trouve que c’est le combo parfait ! 😀 On a chaud absolument partout et on peut rouler bien au chaud même par -5°C, durant les 2 heures d’autonomie offertes par ces gants en puissance haute.

Parlons maintenant de l’étanchéité pour clôturer ce chapitre usage sur route, et là aussi, la protection contre la pluie est très bonne. Les gants n’ont jamais percé même sous de fortes pluies pendant des trajets d’une heure. La membrane Polymax est bien efficace. Par contre, même avec la manchette bien serrée, l’eau peut tout de même parvenir à se faufiler légèrement à l’intérieur du gant en coulant le long des manches du blouson. Du fait de son épaisseur importante, la manchette ne peut pas être mise facilement dans la manche de blouson et l’eau peut donc s’infiltrer par cette interstice sous de longues et fortes pluies. La doublure s’humidifie alors un peu et cette humidité va venir s’étendre sur l’intérieur bas du gant par capillarité au bout de quelques heures. Là aussi, ce n’est pas catastrophique mais j’aurai préféré un système de serrage plus étanche.

 

Dernier détail pratique à signaler sous la pluie, une raclette de pouce est intégrée sur le gant gauche afin de retirer plus efficacement la pluie sur son écran de casque. Un petit ajout connu mais toujours bien appréciable.

Entretien des gants et maintenance des batteries

Abordons le chapitre de l’entretien des gants et notamment des batteries qui nécessitent quelques précautions pour les garder longtemps dans un état optimal.

Côté nettoyage des gants, c’est du classique. Le lavage doit être fait à la main avec du savon doux et un chiffon humide. Pas de lave-linge, sèche-linge, nettoyage à sec, javel ou adoucissant.

Côté batteries, si vous prévoyez de ne pas utiliser vos gants pendant plus de 2 mois, pensez à :

  • débrancher les batteries des gants,
  • ne pas décharger complètement les batteries mais les laisser plutôt chargées entre 50% et 75% de leur capacité,
  • et enfin, à stocker vos gants et les batteries dans un environnement compris entre 5°C et 20°C. Personnellement, je compte utiliser la boite d’origine que je trouve solide et pratique.

Prix, taille, garantie et fiabilité des Racer Heat 3

En ce qui concerne le prix et les tailles disponibles, sachez que ces gants Racer Heat 3 sont proposés au prix public de 289,95€ en version homme ou femme (pour une coupe plus ajustée), et dans des tailles allant du S au 3XL en version homme et du XS au L en version femme.

Pour les accessoires, il faut compter 50€ pour une paire de batteries supplémentaires afin de doubler l’autonomie (chez Motoblouz et chez Ixtem-Moto), et 49,95€ pour le kit de connexion filaire à l’allume-cigare (chez Motoblouz et chez Ixtem-Moto) ou pour le kit de connexion filaire à la batterie de la moto (chez Motoblouz et chez Ixtem-Moto). Ce sont deux kit séparés selon votre besoin.

 

De ce que j’ai pu comparer sur internet, on est globalement sur les prix du marché pour des gants chauffants haut de gamme, c’est-à-dire avec une bonne autonomie, une bonne finition, et surtout un niveau de protection important CE 1KP.

Concernant la taille, cela taille de manière classique. Je n’ai pas dû prendre plus grand ou plus petit que d’habitude. Pensez par contre à prendre vraiment la taille la plus ajustée à vos mains car, si le système de chauffe ne touche pas le dessus de votre main car la taille est trop ample, ils perdront vraiment en efficacité.

Au niveau des garanties, j’ai pas mal questionné la marque afin d’en apprendre plus car, lorsque l’on investit un tel montant, il est important d’en savoir plus sur la pérennité et la robustesse de son achat. Comme tous les produits vendus en France, les gants sont garantis 2 ans (textile et électronique). Pour les batteries, comme Racer a développé son propre système chauffant depuis 2012, il n’est pas prévu pour eux d’arrêter de proposer des batteries, car c’est l’essence même de leur système. On devrait donc trouver des batteries Racer dans le commerce pendant de très nombreuses années.

D’ailleurs, sachez que la marque m’a expliqué suite à ma demande que ces batteries disposeront toujours de plus de 70% de leur capacité après 300 cycles d’utilisation. On peut donc imaginer que les batteries commencent à perdre en performances à partir de 3 hivers si vous roulez tous les jours avec ces gants en période hivernale, à raison de 2 heures par jour (donc un cas plutôt rare). Donc dans le cadre d’un usage pour aller au boulot, on peut imaginer une durée de vie des batteries de 5 à 6 ans avant de voir les performances commencer à décliner.

Côté fiabilité, là aussi je me questionnais car ce produit intègre beaucoup de fils et de technologies dans une petite zone fortement soumise à des contraintes mécaniques. Racer m’a également rassuré sur ce point en indiquant que leurs produits chauffants sont élaborés et testés avec l’IRBA (Institut de Recherche Biomédicale des Armées françaises). Ils sont donc soumis à rude épreuve avant d’être commercialisés et devraient donc durer. Mais pour vérifier ce point par moi-même, seul l’avenir me le dira. A ce jour, sachez que je n’ai vu aucun signe d’usure ou de problème après ce mois d’utilisation quotidien.

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Le test des gants chauffants Racer Heat 3 en vidéo

 

En conclusion, j'ai été conquis par ces gants Racer Heat 3. Ils permettent de rouler l'hiver bien au chaud tout en conservant un très bon niveau de protection.
Certes le prix demandé reste important, mais ils proposent en échange d'un look discret, d'une finition et d'un confort excellent, un système de chauffe efficace et des batteries de bonne qualité.

L'autonomie sera amplement suffisante pour les trajets du quotidien ou les petites balades (même si l'on aimerait toujours plus), et les fonctions de double batteries ou de système filaire en option sont un plus non négligeable pour les voyageurs.

Je pense que ces gants seront idéals pour tous les types de motards qui veulent rouler l'hiver, et en particulier les motards qui ne disposent pas de poignées de chauffantes, de pare-mains, et qui ne veulent surtout pas gâcher l'esthétique de leur machine avec des manchons. C'est simple, facile, et prêt à l'emploi.

Je ne connais pas le niveau de qualité des modèles concurrents mais je peux vous confirmer en tout cas que ces Racer Heat 3 ne sont clairement pas un mauvais choix si vous souhaitez vous équiper d'une bonne paire de gants hiver chauffants.
ON A AIMÉ
Bon feeling des commandes et système de chauffe efficace
Autonomie correcte pour les trajets du quotidien et système filaire disponible en option
Finition et niveau de protection de bon niveau
ON N'A PAS AIMÉ
Doublure interne non cousue au bout des gants
Manchette un peu grosse pour être insérée dans les manches de blouson
Pas de chauffe sur l'intérieur de la main