Si une veste moto avec les protections intégrées est une solution de très bon niveau, il n’en reste pas moins que les gilets de protection enduro offrent la panoplie complète avec quelques avantages pour eux. Plus encore avec la pratique du Trail on & off-road, il est intéressant de voir que l’on peut arriver à concilier confort et protection comme avec le gilet Kenny Titanium que j’ai testé ces 3 derniers mois.

Cette marque française, originaire d’Amiens dans les Hauts-de-France, est spécialisée dans les équipements du pilote quad-enduro-cross de la tête aux pieds, avec bien souvent un rapport qualité/prix intéressant comme l’ont relevés nos précédents tests sur le site. Est-ce-que ce gilet de protection parvient à suivre la même logique tarifaire ? C’est ce que nous allons vérifier dans ce test.

Revue des spécifications techniques

Ce gilet Kenny Titanium fait partie de la famille des gilets souples, c’est à dire sans coque de protection plastique dure comme on le voit majoritairement. Pour autant, toutes les protections sont présentes et obtiennent un bon niveau d’homologation.

Les protections des coudes et des épaules sont certifiées EN 1621-1 2012 de niveau 1. Elles sont composées dans un matériau à la fois dense et flexible de chez POI Design. Celui-ci est capable d’absorber un choc et de revenir rapidement à son état initial, avec un ressenti en main de type caoutchouc très ferme.

 

La dorsale est quant à elle certifiée EN 1621-2 2013 de niveau 2 et est constituée d’un empilement de 4 pièces en mousse dense, d’environ 4mm chacune, pour une épaisseur totale de 17mm. On retrouve la même chose sur la dorsale vendue séparément que Eotiel a pu tester l’année passée, signée POI Design également. Ce choix assure là aussi un haut niveau de flexibilité pour la rendre la plus ergonomique possible.
Ce que je trouve dommage avec cette protection, c’est qu’elle ne descende pas un peu plus bas. J’aurais apprécié au moins 5cm de plus pour vraiment couvrir toute la colonne vertébrale. Elle mesure 34cm de haut sur 27cm au niveau le plus large contre 56cm et 30cm pour la dorsale Kenny Titanium vendue à l’unité. Un juste milieu aurait été apprécié.

 

Enfin, la protection pectorale estampillée Kenny est certifiée EN 14021. Celle-ci est conçue dans une mousse légère alvéolée et perforée côté poitrine du pilote pour laisser passer un maximum d’air frais, et une couche perforée en plastique rigide (la seule sur ce gilet) vient recouvrir le tout pour vous protéger des projections de pierres, de branches ou autres imprévus dans les chemins.

Cette combinaison de protections vaut à ce gilet une homologation FFM pour la pratique de la moto ou du quad en compétition. De quoi rassurer les plus sceptiques à propos des gilets à protections souples.

Le reste du gilet est essentiellement constitué d’un filet stretch synthétique, ventilé et extensible pour coller au corps. Il n’y a pas de réglage de serrage autre que la ceinture de reins qui est elle aussi ventilée et ajustable par double velcro. Il est intéressant de voir au travers en contre jour et de constater à quel point tout est conçu dans une optique d’optimisation du flux d’air.

 

Précision importante : ne cherchez pas à le choisir dans une taille trop grande pour avoir « de la marge » au risque qu’il ne vous serre pas assez et que les protections flottent sur vos articulations, vous y perdrez grandement en sécurité. Vous pouvez retrouver le guide des tailles sur ce lien à la page « gilet de protection ».

D’après l’étiquette des préconisations de lavage, il se trouve que tous les logos sont barrés. Après un email envoyé à la marque, il s’avère qu’un lavage à la main dans une bassine d’eau reste possible. Par défaut, à l’eau tiède au maximum et sans l’essorer à la fin. Laissez-le pendre délicatement ensuite jusqu’à séchage complet.
A noter que toutes les coques de protection sont amovibles, ce qui facilite son entretien.

Mon avis à l’utilisation de ce gilet de protection

Précisions et premières impressions

Si son usage initial le destine de prime abord à une utilisation tout-terrain, il peut également vous suivre pour des sorties route comme je l’ai fait, mais à une condition.
Etant donné qu’il est conçu et taillé pour être porté au plus près du corps, il faudra idéalement s’équiper d’un t-shirt ou de tout autre vêtement de ce type qui ne soit pas trop épais. Par exemple, il m’est arrivé de le porter par dessus un pull relativement fin et c’est le maximum pour savoir encore l’enfiler. Ce qui m’a permis de l’utiliser pour tous mes trajets même en plein hiver et par des températures négatives grâce à la protection thermique de ma veste moto en complément.

 

L’enfilage est fastidieux les premières fois à cause des différentes zones ouvertes au niveau des bras. On peine un peu à savoir où passer les mains mais on prend assez vite le coup. La fermeture avant est déportée sur le côté gauche afin d’avoir une protection pectorale d’une seule pièce sur ce gilet. J’aurais à ce propos apprécié un zip de fermeture d’apparence plus solide car il est ici très fin, même si je n’ai pas encore rencontré de souci à ce jour cela dit !
Il reste alors à ajuster le velcro de la ceinture de reins et nous voilà équipé.

Son faible poids de 1400 grammes et son aspect « collé au corps » le font vite oublier, de même que la sensation très agréable du filet extensible au contact de la peau. A aucun moment on ne ressent de gêne, l’envie de se gratter ou autre. Ce gilet de protection n’apporte pas de chaleur au corps car tous les matériaux sont micro-perforés au maximum afin de garder de la fraîcheur même en plein cagnard, ce que j’aurais l’occasion de vérifier un peu plus tard dans l’année.
Ici, il a fait au maximum 20 degrés lors de mes sorties avec ce gilet donc je ne fais qu’extrapoler. Mais de -5 jusqu’à 15/20 degrés, je n’ai pas constaté de réelle différence à m’équiper de la même manière que lorsque je ne porte pas le gilet Kenny Titanium.

Mon ressenti lors des sorties tout-terrain

Je partais en balade tout en étant sceptique sur le bénéfice de ce genre de produit, mais j’ai vite compris son intérêt.

Du fait que le gilet de protection demeure collé au corps et avec des protections souples qui accompagnent bien vos mouvements tout en souplesse, on est ainsi libéré d’une petite gêne que l’on peut avoir avec des protections incluses dans la veste moto. Rien ne bouge réellement et on n’a plus cette sensation de frottement de la matière, il se fait simplement oublier.

 

Son poids relativement faible est du fait lui aussi négligeable, puisqu’il est collé à votre peau, c’est physique. On a alors supprimé presque toute la masse en mouvement et notre veste moto paraît d’autant plus légère à l’usage. Ça aussi c’est particulièrement agréable en sortie tout-terrain lorsqu’on remue beaucoup sur des pistes accidentées ou même dans les zones lentes et techniques. C’est quelque chose qui est difficile à décrire puisque c’est un ressenti.

En fait, il y a bien un point qui pourrait vous gêner mais c’est le seul selon moi. La ceinture de reins a tendance à remonter un peu sur le bide une fois que vous vous êtes penché ou accroupis, puis elle se stabilise. Lorsqu’on descend de la moto, on a envie de la redescendre de quelques centimètres, un peu comme quand on tire sur un t-shirt trop court pour masquer son nombril 😀

Côté respirabilité, je dispose d’une veste moto Ixon Taïga Air, un modèle 3 en 1 qui se compose donc d’une doublure chaude amovible ainsi que d’une doublure étanche indépendante et amovible elle aussi. La couche principale de cette veste est agrémentée de larges panneaux en Mesh (très ventilés) et je profite ainsi en sortie tout-terrain d’un maximum d’air.
De ce fait, lorsque je n’y ajoute pas de doublure interne, je constate sans mal que le gilet de protection Kenny Titanium ne bride pas ce flux d’air. C’est un point très important lors des passages techniques, tout particulièrement avec des motos lourdes où la moindre manoeuvre imprévue peut vite vous faire cracher vos poumons !
Les zones ouvertes (sans matière), sous les aisselles et au pli du coude participent aussi à cette sensation d’aération et sans risquer de créer de plissement désagréable de la matière.

Le sentiment de sécurité

Les différentes normes respectées rassurent bien évidement. Je n’ai pas eu l’occasion de chuter méchamment depuis que j’ai ce gilet de protection. Ma dernière grosse chute s’est passée une semaine avant de le recevoir, « dommage » ^^

Même si certains pourraient éventuellement noter que la protection plastron n’obtient pas l’homologation de niveau 2, il est à préciser que son rôle n’est pas réellement d’amortir une chute puisqu’on tombe rarement sur le torse. Sa vocation est surtout d’encaisser des projections de pierres (d’où son nom courant « pare-pierres »), de branches, ou encore lorsque vous tapez contre le guidon en étant projeté vers l’avant de la moto par exemple.

A ce sujet, j’ai pu constater son utilité lors d’une balade solo très cool où j’ai fait une erreur totalement bête… la séquence est en vidéo, à retrouver en fin d’article.

 

En arrivant tranquillement dans un chemin, je vois des branches sur le côté. Je me dis que ce n’est rien, les fines branches vont plier à mon passage. Sauf que ce que je n’avais pas remarqué, c’est que c’était en fait un petit arbre couché au sol avec la tête qui pointait vers ma direction et dont les plus grosses branches faisaient presque 3cm de diamètre. Résultat, l’une d’elle a tapé de front sur le plastron et a bien eu du mal à plier, ce qui m’a partiellement déstabilisé mais surtout très surpris. Imaginez la même scène sans protection à ce niveau ?

Voilà, c’est très bête car je pouvais simplement me déporter dans le doute mais après-tout une erreur est par nature involontaire. Et c’est là que l’équipement intervient en dernier recours. Il ne faut pas réfléchir comme je l’ai fait inconsciemment ici, en pensant avoir une armure qui m’épargnerait (même si elle l’a fait).

Et puis, comme j’en parlais plus haut, j’ai trouvé la protection dorsale un peu courte en taille (ne descend pas assez bas). Si c’est votre première vraie dorsale, vous n’y prêterez pas vraiment attention, elle est déjà fort bien ! Mais si comme moi vous avez déjà porté une dorsale plus couvrante, vous pouvez alors avoir une petite sensation de vulnérabilité, toute relative cela dit.

Usure et préconisation

Je tenais à retenir votre attention sur un point qui permettra sûrement de prolonger sa durée de vie. C’est un conseil tout bête, mais évitez de laisser traîner le gilet « en boule » à votre retour de balade car le velcro de la ceinture de reins se pose parfois sur le filet stretch, ce qui a pour conséquence de l’user prématurément. Le velcro va s’y planter et on risque d’y faire des petits accros par endroit.

Là où vous n’y pourrez pas grand chose par contre, c’est sur la zone environnante à cette ceinture de reins lorsque vous avez enfilé le gilet de protection. Les frottements à l’usage se répercutent sur la matière extensible et on y voit même du peluchage sur des zones importantes comme en témoigne l’image ci-dessus.
Veillez au moins à bien scratcher la ceinture sans la mettre de travers, au risque d’exposer le velcro directement sur le filet extensible. Mais en dehors de ça, c’est une usure pour laquelle on ne peut rien y faire.

A retrouver également en vidéo

Test du gilet de protection Kenny Titanium, ergonomique et très ventilé
J'ai beaucoup apprécié l'ergonomie du gilet Kenny, le sentiment d'être bien équipé et en sécurité tout en ne ressentant pas les protections qui se font vite oublier grâce à sa conception. Flexible, léger et très ventilé, c'est un produit qui m'a conquis tout particulièrement en sortie tout-terrain par rapport à des protections plus conventionnelles intégrées dans une veste moto.

Là où j'émets quelques bémols, c'est sur la dorsale que j'ai trouvé un peu courte en terme de zone couverte, et le filet stretch du gilet qui semble ne pas trop apprécier la proximité du velcro au niveau de la ceinture de reins, ce qui occasionne une usure visible au bout de quelques mois d'utilisation.

Le gilet Kenny Titanium se place néanmoins parfaitement dans le prix du marché, à savoir 195€ PPI. Pour ce type d'ensemble léger à protections souples, avec une dorsale de niveau 2 et l'agrément FFM, on est pile dedans !
ON A AIMÉ
  • léger et ergonomique, il se fait boulier
  • très ventilé dans sa globalité
  • homologué FFM
ON N'A PAS AIMÉ
  • protection dorsale un peu courte en bas
  • usure du filet stretch au dessus de la ceinture
3.5Note Finale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.