Annoncé en octobre 2015 et commercialisé depuis Avril 2016, le casque Schuberth E1 est le premier modulable dual sport de la marque allemande.

Au premier coup d’oeil, on peut lui trouver des airs de famille avec le réputé casque modulable Schuberth C3 Pro dont il est dérivé.

Il en reprend d’ailleurs plusieurs éléments : la calotte, les mousses intérieures, le système d’ouverture, la visière, la visière solaire et enfin le système de gestion et extraction de la visière.

Malgré ces similarités, le modèle E1 n’en est pas moins fort différent puisqu’il bénéficie de nombreuses modifications et adaptations lui permettant d’être à l’aise aussi bien sur le bitume que dans les chemins.

Comme il s’agit d’un casque haut de gamme, j’ai vraiment tenu à prendre mon temps pour le tester. Cela fait maintenant 6 mois que je roule avec et, après 8 000 km de test dans toutes les conditions, voici mon avis sur le Schuberth E1. Peut-il prétendre au titre du casque dual sport ultime ? C’est ce que nous allons voir dans cet essai. C’est parti.

Contenu de la boîte

A l’intérieur du carton d’emballage (très joli et moderne soit dit au passage), on retrouve :

  • Le casque bien emballé dans une housse de protection très épaisse et de très bonne qualité (ça donnerait presque envie de s’en faire un oreiller).
  • Un Pinlock installé d’origine. Détail très sympa car, personnellement, je galère toujours un peu pour monter ce système anti-buée.
  • Les 2 caches en plastique à installer quand on ne monte pas la casquette.
  • Une notice bien détaillée que je vous conseille de lire si vous prenez ce casque afin d’apprendre à maîtriser toutes les particularités du casque.
  • Et enfin le document permettant de garantir 5 ans son casque auprès de Schuberth en s’enregistrant directement sur le site de la marque. Je l’ai fait, ça prend 5 min. Il suffit juste de scanner sa facture, fournir ses coordonnées ainsi que le numéro de série du casque et le tour est joué.

Un ensemble donc très complet, en adéquation avec la notoriété haut de gamme de la marque.

 

Poids et construction externe

La calotte est composée de fibre de verre incluant une résine spéciale injectée et compressée sous vide à haute pression afin d’augmenter la robustesse. Cette dernière est proposée en 2 tailles pour un ajustement optimal selon la taille achetée.

Son poids est de 1745g avec la casquette. Cela peut paraître lourd mais le poids est bien réparti ce qui fait que l’on ne ressent pas de douleurs au cou.

Point important, le Schuberth E1 n’est homologué qu’en position fermé. C’est-à-dire qu’il n’est pas homologué pour rouler en mode jet. N’espérez donc pas roulez visage au vent à haute vitesse avec ce dernier.

Côté finition, c’est exemplaire, tout semble solide. Il n’y a pas de craquements, les assemblages sont précis et propres.

La peinture de ce modèle hunter blue est du plus bel effet surtout avec mon Explorer bleu. Il est par contre difficile de conserver un blanc immaculé. J’ai quelques traces que j’ai du mal à ravoir sur le blanc mais rien d’ultra visible.

On remarquera aussi que la casquette fait moins robuste que le reste du casque avec le choix d’un plastique plus flexible pour cette dernière. Un choix nécessaire sûrement pour des raisons aérodynamiques mais également pour un maximum de sécurité en cas de chute.

Elle est en tout cas très solide puisque j’ai pris le réflexe d’attraper le casque par la casquette lorsqu’il est posé sur une surface plane. Ça n’a jamais craqué ni cassé et aucun signe de faiblesse à l’horizon.

 

Confort et aérations

Rentrons maintenant à l’intérieur du casque. On retrouve un tissu COOLMAX® très doux au toucher. L’entièreté du revêtement intérieur est lavable et certifié Öko-Tex 100 garantissant ainsi une absence de produits chimiques dans les tissus. Il est facilement détachable pour être lavé à la main ou encore pour installer un intercom.
Schuberth propose son propre intercom fabriqué en partenariat avec Cardo qui est très discret puisqu’il se loge sous le casque à la place de la protection de nuque.
Bien sûr, il est aussi possible d’installer un intercom d’une autre marque si vous n’êtes pas prêt à dépenser 345€ pour l’intercom SRC Pro V1 de la marque allemande.

La boucle micrométrique permet de retirer son casque sans retirer ses gants et est dotée d’un système anti roll-off spécifique à Schuberth qui évite le soulèvement du casque ou son contact avec le cou en cas d’accident.

La visière est large et exempt de toute déformation optique grâce à une certification de classe optique de niveau 1, un petit plus que je n’avais jamais eu auparavant et qui surprend au début. Cela donne l’impression de ne pas avoir de visière pour peu qu’elle soit propre bien sûr.

La visière solaire intégrée dans le casque descend très bas et couvre l’entièreté du champ visuel ce qui est très confortable. Elle s’active grâce à un mécanisme discret situé sur le bas gauche du casque.

Pour ce qui est des aérations, on en retrouve sur 3 zones différentes ; chacune pensée pour un usage spécifique :

  • A l’avant, une large aération est placée au niveau du menton pour apporter de l’air frais en direct sur le visage. Elle est réglable sur 2 niveaux. Un filtre est monté à l’intérieur afin de limiter le passage de poussières sur route et surtout en chemins.
  • Juste au-dessus, une aération plus petite permet de générer un effet de désembuage dès 30 km/h. Bien pratique en hiver.
  • Enfin, une dernière aération est placée au niveau du front afin d’apporter de l’air frais sur le reste du crâne. Elle est également réglable sur 2 niveaux.

Ces multiples aérations permettent, si votre bulle n’est pas trop grande, de bien vous rafraîchir et d’éviter tout embuage.

 

Ouverture et modularité

Au niveau de la modularité, le passage du casque en mode fermé/ouvert, ouvert/fermé se fait très facilement grâce au bouton rouge situé sur l’avant de la mentonnière.

2 crochets en métal viennent mordre sur les côtés pour verrouiller et sécuriser le mécanisme. Le bruit d’ouverture est qualitatif et rassurant, vous savez un peu comme les bruits de portières sur les grosses berlines ^^

En tout cas, le système est très fluide et bien pensé puisque la casquette et la visière bougent automatiquement lorsque vous ouvrez et fermez le casque afin de ne pas rayer la visière.

Il est également possible de régler la hauteur de la casquette sur 3 niveaux. Personnellement je me suis calé sur la position intermédiaire car c’est le réglage avec le meilleur rapport protection / visibilité. En position haute, ça ne protège pas assez du soleil et, en position basse, la casquette est un peu trop dans mon champ de vision à mon goût.

Comme bon nombre de casques dual sport, le Schuberth E1 peut aussi être passé en configuration plus routière. Grâce aux vis à main quart de tour situées de part et d’autre du casque, il est possible de retirer la casquette sans outils. Deux pièces plastiques sont fournies avec le casque et doivent être vissées à la place de manière à maintenir fermement la visière dans cette configuration. Une fois modifié on se croirait presque en face d’un Schuberth C4.

Au remontage, attention par contre à bien vérifier que les vis à main quart de tour sont bien repassées en mode verrouillé sinon vous vous retrouverez avec une casquette qui se fait la malle sur l’autoroute. Et oui, quand c’est trop simple, on en oublie des fois certains gestes et contrôles.

 

Usage sur route du Schuberth E1

Passons maintenant à l’usage sur route. Le E1 est un modulable et s’enfile sans difficultés. Les porteurs de lunettes apprécieront tout particulièrement ce genre de casque puisqu’il n’est pas nécessaire de retirer ses lunettes pour le mettre. D’ailleurs un espace dans les mousses est prévu afin de ne pas être dérangé en roulant, une attention bien agréable.

La première chose qui m’a marqué une fois le casque enfilé, c’est l’absorption des bruits ambiants. L’isolation phonique de ce casque est excellente.
Qu’on soit clair, ce n’est pas non plus le silence complet. Mais les bruits ambiants sont bien plus atténués que sur d’autres casques. Les quelques décibels supplémentaires diminués par ce Schuberth E1 sont un vrai confort sur les longs trajets autoroutiers.
Cela fait même bizarre au début de moins entendre les bruits de vent et d’entendre plus le moteur et la boite à air.

Par contre si votre bulle vient vous envoyer un flux d’air au niveau du col ou en plein milieu de la visière, cela fera toujours du bruit mais un peu moins qu’avec un autre casque. Il vaut donc mieux soit une bulle très basse, soit une bulle très haute comme j’ai sur l’Explorer.

Le confort est également excellent. Les mousses sont très agréables et je n’ai jamais ressenti de gêne même après plusieurs heures de route d’affilé.

Le poids est bien réparti et ne crée pas de douleurs à la nuque. Les 1745g affichés sur la balance se font vite oublier.

La casquette ne génère pas de bruit non plus jusqu’à 110 km/h, elle est suffisamment ajourée pour ne pas créer de turbulences. Vers 130 km/h par contre, si vous roulez avec une moto dotée d’une bulle, l’air a tendance à faire vibrer la casquette et de ce fait, cela fait un peu vibrer le casque. Ce n’est pas hyper dérangeant mais j’aurai quand même souhaité une casquette plus rigide pour éviter ce genre de désagrément. Enfin, la forme de la casquette est efficace et apporte une bonne protection contre un soleil haut dans le ciel.

En parlant de soleil, j’ai trouvé l’écran solaire très simple à déployer, large et surtout efficace. Même avec un soleil en plein dans les yeux je n’étais pas ébloui grâce à l’écran solaire du Schuberth.

Les aérations sont efficaces si votre bulle est basse. Si elle est trop haute par contre, difficile de sentir un quelconque flux d’air avec les aérations basses. Il faudra retirer la bavette pour apporter de la fraîcheur.

Le seul point qui m’a déçu, c’est la buée qu’il génère lorsqu’il fait froid. En effet, lorsque vous roulez à basse vitesse (moins de 70 km/h), qu’il fait froid (moins de 10°C), et que votre moto dévie bien l’air , le casque a tendance à faire de la buée y compris sur le Pinlock après quelques minutes. Il est tellement fermé pour optimiser l’isolation phonique, que l’air chaud de votre respiration ne s’évacue pas bien et cela vient créer de la buée avec le contact de l’air frais.

De ce fait, si vous roulez avec un Explorer, un 1200 GS, une 1290 Adventure, bref une moto doté d’une grosse bulle, je vous conseille de rouler soit avec la bulle très basse pour permettre une circulation de l’air dans les aérations, soit de rouler sans la bavette, soit carrément d’utiliser le cran de ville sur la visière mais cela vous oblige à rouler avec la visière légèrement ouverte. Ce qui n’est pas très pratique lorsqu’il pleut notamment …

Personnellement j’ai retiré la bavette et depuis je n’ai plus de soucis. Comme ma bulle dévie très bien l’air, je n’ai pas plus froid et je ne me prends pas plus d’air dans le visage. La bavette est plus à réserver aux trails à bulle basse ou aux roadster à mes yeux.

Depuis ce retrait, je n’ai plus aucun soucis à signaler côté risque de buée sur la visière !

 

Usage en offroad du Schuberth E1

Quand on arrive dans les chemins, on ouvre toutes les aérations au maximum, et c’est parti pour aborder sereinement le offroad.

Debout sur la moto, l’air passe plutôt bien et vient rafraîchir la tête dès que l’on passe les 10 km/h.

En manoeuvre à basse vitesse ou à l’arrêt par contre, ça chauffe très vite et je ne peux que vous conseiller d’ouvrir la visière voire carrément le casque dans ces situations pour vous éviter de suer à grosses gouttes.

Et le fait justement de pouvoir ouvrir le casque en chemin est très pratique de mon point de vue car cela évite de devoir le retirer à chaque arrêt, lorsque l’on veut boire ou encore parler.

Le seul réel regret que j’aurai sur la partie offroad concerne la taille de la visière. Comme c’est un modulable doté d’un gros héritage venant du C3 Pro (casque routier à la base), la visière est plus petite que sur un intégral dual sport classique comme le Nexx X-D1 ou encore le modulable Scorpion ADX-1. De ce fait, le champ de vision est moins large en hauteur et il est difficile d’utiliser un masque de cross à la place de la visière.

Donc attention aux chemins où vous pourriez prendre des éléments sur la visière (un petit coup de branche, une projection de cailloux) sinon il faudra vous repayer une visière en cas de grosse rayure.

 

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Essai en vidéo

Test longue durée du casque Schuberth E1 : le meilleur casque dual sport ?
J’ai vraiment adoré ce Schuberth E1. Il est bien construit, bien fini, il fourmille de détails très bien pensés. Rien n’est ici laissé au hasard et son niveau de confort et d'insonorisation sont exceptionnels.

Côté tarif, vous vous en doutez, on est sur la fourchette haute puisque le E1 est proposé à partir de 649€ en coloris uni et monte à 729€ en version déco hunter comme le modèle que je teste.

Un prix clairement au-dessus de bien d’autres casques au bon rapport qualité-prix mais ce n’est pas ce qu’on cherche lorsque l’on achète du haut de gamme. Acheter du haut de gamme c’est vouloir profiter de l’excellence, de ces 10% de mieux qui vous coûteront 30% de plus.

Si l’on veut faire une métaphore sur ce casque, je dirai que le Schuberth est à l’image des maxi-trails : Il est looké adventure mais il va souvent passer son temps sur la route et de temps en temps en chemins. Et c’est bien que Schuberth l’ait pensé en ce sens car cela correspond à la philosophie d’une partie des utilisateurs de maxi trail.

On peut donc maintenant répondre à la question initiale que je posais : “Est-ce le meilleur casque dual sport du marché ?”. Je répondrai par Oui et Non.

OUI si vous faites du 80% route/autoroute et 20% chemin, il sera parfait pour cet usage.

NON si vous faites 80% de offroad et 20% de route, je lui préférerai un Nexx X-D1 plus axé tout terrain pour les mordus de terre dans ce cas.
ON A AIMÉ
  • Qualité de fabrication excellente
  • Isolation phonique exceptionnelle
  • Confort de haut niveau
ON N'A PAS AIMÉ
  • Casquette assez cheap
  • Petitesse de la visière par rapport à ses concurrents
  • Aérations pas assez efficaces (pour une utilisation avec un trail à grosse bulle)
4.5Note Finale

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