Parmi les marques premium de casques moto, Schuberth s’est fait une place confortable depuis des années. Avec le modèle R2, remplaçant du R1, nous allons voir comment Schuberth définit l’entrée de gamme pour ses clients.

419 euros c’est son prix public en coloris uni, alors que le coloris « Enforcer » que je vous montre ici est affiché à 499€. J’admets qu’on est loin de la notion d’entrée de gamme dans l’absolu ! Certains coloris sont même affichés à 649€ tout comme la version carbone, qui au passage n’est pas plus légère.

Mais alors, qu’a-t-il de vraiment intéressant pour se démarquer de la concurrence ? Sur le papier, ça ne saute pas aux yeux, mais c’est ce que nous allons tenter de voir ensemble.

Petit tour du casque Schuberth R2

Le R2 est un casque intégral d’apparence classique, sobre, mais avec un design qui ne manque pas d’originalité dans les détails. C’est un modèle plutôt passe-partout qui est évidemment destiné à une utilisation purement routière pour les trajets quotidiens ou les balades du weekend.
La gamme est complétée, entre autres, avec le modulable Schuberth C4 que Eotiel testait dernièrement, et le Schuberth E1 qui est passé entre les mains de MriMattheus un peu plus tôt dans l’année.

 

Le casque est livré dans une housse épaisse et confortable qui le protégera efficacement durant le transport. L’ensemble présente bien et la documentation vous précise que la garantie de 5 ans sera d’autant plus simple à exercer si vous prenez quelques minutes pour procéder à son enregistrement en ligne sur le site de la marque.

On découvre alors le casque en lui même, avec une belle peinture, un design arrière assez particulier et moderne qui remonte un peu en reprenant le logo de la marque. Ce logo, on le retrouve aussi en relief au devant des mousses lorsqu’on ouvre la visière du casque. Celle-ci est d’ailleurs équipée d’un double écran anti-buée pour vous accompagner efficacement lorsque les températures rafraîchissent.

 

Les aérations sont au nombre de deux, une à l’avant et une grande au dessus du casque, mais pas d’extracteur d’air en vue bizarrement. Ces ventilations sont particulièrement agréables à manipuler, rappelant un peu le prix de la bête, et atypique pour celle du dessus avec un système de coulissement aérodynamique comme vous le verrez en vidéo.

L’intérieur est en ShinyTex® anti-bactérien et à séchage rapide, certifié Öko-Tex 100, un label écologique qui garantit l’absence (ou une teneur très faible) de substances indésirables pour la santé et pour la peau, détachable et lavable bien entendu. On note aussi la présence d’un système d’extraction d’urgence des coussinets de joue (Quick Release), une attention toujours très appréciée.

Aucun autocollant rétroréfléchissant n’est fourni dans la boite, mais on remarque deux zones qui le sont d’origine au niveau des mousses arrières. Lorsque le casque est légèrement incliné sur votre tête, cela se voit assez efficacement.

Dispositif rétroréfléchissant

Sa coque est fabriquée à base de fibre de verre avec un procédé technique breveté appelé Direct Fiber Processing. Il lui permet d’avoir une structure d’autant plus solide et efficace tout en affichant un poids réduit sur la balance, de l’ordre de 1350 grammes à +/-50gr. Poids vérifié à 1375 grammes pour mon taille M – 57 cm. Il taille d’ailleurs tout à fait normalement au passage.
Notez que ce poids inclus la prédisposition du système d’intercom, mais sans le module principal ni la batterie.

 

Système d’intercom pré-installé et intégré

Une grosse particularité du casque vient du fait qu’il est pré-équipé d’un système d’intercom. Pour être tout à fait exact, le câblage, les oreillettes et le micro sont déjà inclus, il restera à acheter en option le système « Schuberth Intercom SC1 » en version standard ou avancée.
Ce petit gadget électronique est réalisé en collaboration avec le fabricant Sena, et les différences concernent à la fois l’autonomie, la portée, et la possibilité d’écouter la radio FM pour le plus complet des deux. Les modules sont compatibles Bluetooth 4.1 avec deux périphériques en simultané (Smartphone + GPS par exemple), jusqu’à 4 motards en pairage et avec la fonction d’ajustement automatique du volume en fonction des nuisances sonores extérieures.

 

Ce choix fait par Schuberth permet non seulement de grandement simplifier l’installation (on enfiche les modules intercom et batterie par les trappes sous le casque), et d’intégrer totalement le système au casque pour plus de discrétion et ne pas altérer l’aérodynamique du casque.
En contrepartie, vous ne pouvez pas installer un intercom générique, si vous vouliez par exemple avoir quelque chose d’encore plus complet et performant.

Points forts et points faibles du Shuberth R2 à l’utilisation

Confort et visibilité

Les mousses de ce casque sont agréables au contact de la peau, on se sent assez vite à l’aise malgré qu’elles soient un peu fermes à l’avant des joues. Le casque va se faire au fil du temps comme bien souvent, mais il est vrai qu’on se pose des questions sur la taille au début. L’intérieur est joliment fait et on apprécie le niveau de qualité des matériaux et des finitions. J’ai d’ailleurs remarqué qu’il acceptait très bien les lunettes de vue, ça passe sans aucune gêne au niveau des oreilles.

La boucle double-D est agrémentée de mousses confortables elle aussi, mais j’ai noté un petit désagrément à l’usage. Le bouton pression qui évite de laisser pendre la sangle n’est pas très bien placé. Il se retrouve cousu très près de la boucle double-D et il est difficile d’aller le clipser. On est dans du détail, mais à ce niveau de prix c’est quelque chose d’assez dérageant et de quotidien dans la manipulation du casque.

Tout se passait très bien sur mes trajets de 30min en moyenne, rien à reprocher, il se fait vite oublier. Mais alors que je l’embarque pour une virée de 1h d’affilée, je suis surpris d’un mal de plus en plus intense au niveau du front. Certains casques m’ont déjà fait cela mais généralement plutôt après 1h30 de route. Ici la douleur arrivait au bout 45min, et en 1h ça devenait critique.

 

Attention, ce que je note là est probablement lié en partie à une question de morphologie, vous ne serez pas forcément impacté. Mais c’est pour montrer à quel point c’est un casque assez typé dans le sens ou aucun autre auparavant ne me l’avait fait de manière aussi rapide et douloureuse. La rougeur de mon front en témoigne sur la photo ci-dessus. J’ai été le premier surpris de ce revirement de situation après mes premiers jours de satisfaction sur son confort. Il conviendra donc plutôt aux têtes très rondes.

Le large champ de vision de 180° du Schuberth R2 m’a beaucoup plu à l’usage, je n’avais pour l’instant retrouvé cela que sur des casques « adventure », donc très bon point. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais dans les faits on a une sensation de liberté et de sécurité indéniable, on a moins besoin de tourner la tête par exemple pour faire ses angles morts ou apprécier le paysage.

Il faut dire aussi que son poids relativement faible participe au confort général, c’est un casque qui se fait assez vite oublier. Mais cela se fait aussi en contrepartie de l’absence de visière solaire rabattable. Il faut bien gagner du poids quelque part mais étais-ce le bon choix sur un casque intégral routier qui n’est ni sportif, ni extrêmement léger pour autant ? Je vous pose la question.

 

A de nombreuses reprises j’ai pesté contre l’absence de protection solaire, c’est clairement pour moi un indispensable sur un casque intégral de ce segment. Devoir conduire avec ce casque en plein été ou quand le soleil est un peu bas dans le ciel (matin/soir), c’est désagréable et parfois risqué, pour ne pas dire autre chose… Et contrairement à un casque Adventure, vous ne pouvez pas jouer à baisser la tête pour tenter de luter contre le soleil avec la casquette, ici vous êtes obligé de subir. Enfin voilà, vous m’avez compris…

En option, vous pourrez y installer la visière fumée par beau temps pour pallier à ce problème, moyennant 69,90€. A noter qu’à ce prix vous l’avez sans Pinlock, il faudra le basculer de votre visière d’origine ou en acheter un deuxième pour 29,90€.

 

Un point sur la visière

Je tenais également à faire un point particulier sur la visière du Schuberth R2, il y a pas mal de chose à en (re)dire.

Comme j’en parlais plus haut, elle est équipée d’un double écran anti-buée qui joue efficacement son rôle et qui a l’avantage de la couvrir en grande partie. On l’apprécie tout particulièrement avec l’hiver qui pointe le bout de son nez actuellement. J’ai volontairement emprunté des itinéraires de petites routes et de villages pour aller chercher ses limites (petites vitesses).

 

Dans le pire des cas, de la condensation finit par remonter progressivement à l’avant, au bas du double écran. Mais en temps « normal », rien à reprocher de ce côté, ça fait bien le job comme il se doit. Je ne parle pas de « Pinlock » car je n’en ai pas vu la mention, mais le système est le même si vous vous posiez la question.

Là où je ne suis pas convaincu par contre, c’est sur la visière en elle même. Les crans d’ouverture sont un peu trop marqués et on se retrouve à forcer de trop à mon goût, ce qui ne facilite pas la manipulation et occasionne un bruit qui fait très cheap (« bas de gamme »). Ajoutez à cela le fait que cette visière est particulièrement fine, elle se déforme beaucoup lorsqu’on la manipule d’un côté à la fois. Clairement, elle ne fait pas honneur à ce casque (je vous rappelle le tarif ? ^^), c’est une déception.

D’ailleurs, le tout dernier cran du bas, pour fermer hermétiquement le casque, doit s’effectuer quasi-obligatoirement à deux doigts sur les ergots qui sont espacés d’un bon 10cm. Si vous n’appuyez que d’un côté, la visière se déforme et ne passe pas le cran de sûreté ! Il faut donc prendre le coup d’utiliser à la fois le pouce et l’index pour presser sur les deux à la fois. Soit, on finit par s’y faire, pas trop le choix en même temps.
A noter que j’ai constaté cela sur la visière claire tout comme sur la visière fumée.

 

Et pour en finir avec elle (la visière), parlons du système d’éjection. Je trouve d’une part que le mécanisme a un aspect très conventionnel voire disgracieux, et d’autre part qu’il est un peu difficile à manipuler. Le principe est pourtant simple, il suffit d’ouvrir la visière et de pousser le levier de chaque côté du casque. Mais malgré ça, la visière tient encore assez fermement, c’est à vous de tirer dessus avec la sensation que quelque chose va casser.
Avec le coup de main on s’y fait bien entendu mais j’aurais grandement apprécié un vrai système d’éjection automatique que l’on retrouve pourtant sur des casques bien moins chers. Ce n’est pas assez agréable pour un casque de cette gamme.

Aération et insonorisation

J’en parlais au début de cet article, les aérations sont agréables et faciles à manipuler. Un peu trop peut-être pour celle à l’avant du casque qu’on se retrouve souvent à bouger sans le vouloir, tellement elle pivote facilement. J’aurais finalement préféré y retrouver un « clic » franc pour éviter qu’elle ne bouge trop facilement, ou au moins que je m’en rende compte.
Celle du dessus du casque ne souffre quant à elle d’aucun reproche, elle tombe d’ailleurs bien sous la main.

La ventilation mentonnière oriente le flux d’air vers le haut directement sur la visière, ce qui ne vous rafraîchit pas énormément par de fortes températures, on préférera entre-ouvrir la visière. Elle n’en reste pas moins assez efficace dans l’absolu, et le flux d’air dévié se ressent de façon diffuse. Par contre elle devient plus intéressante lorsque les températures rafraîchissent puisqu’elle apporte alors juste ce qu’il faut pour être à l’aise pourvu que la bulle de votre moto ne coupe pas le flux d’air en entrée.

La ventilation du dessus est très efficace. Cela surprend au tout début car c’est tellement net qu’on a l’impression qu’elle concentre de trop le flux d’air, mais il n’en est rien. Au bout de quelques kilomètres on s’y fait et on ressent grandement la bonne diffusion sur tout le crâne via les deux couloirs à l’intérieur du casque. Schuberth a bien travaillé là dessus.

 

Vous pouvez apercevoir la grande (et moelleuse) bavette anti-remous qui remplit bien son office. Les gros barbus préféreront peut être la retirer, c’est pour dire à quel point elle finit bien le casque pour couper l’air. Je l’apprécie beaucoup avec les températures fraîches de saison car elle participe efficacement à l’isolation thermique que procure ce casque. Je n’ai pas froid avec le Shuberth R2.

Cette belle bavette contribue également à l’insonorisation du casque. En effet, il s’avère qu’il est plutôt efficace sur ce point, même sur voie rapide. Lorsque tout est bien fermé et que l’on n’a pas une bulle de protection qui crée trop de remous, le casque isole suffisamment du bruit pour savoir se passer des bouchons d’oreilles dans les 3/4 des situations. Je ne les recommanderais que pour parcourir quelques heures de voie rapide, c’est quand même préférable comme pour n’importe quel casque, aussi bon soit-il.

Son aérodynamique est aussi bien travaillée. Ce casque offre plutôt une bonne pénétration dans l’air, c’est le fruit de son optimisation en soufflerie.

Mais, il y a un mais… le Shuberth R2 souffre de « sifflantes ». Je m’explique.

Lorsque vous roulez la visière ouverte, que vous soyez à 50 – 70 ou 90 km/h (pour les plus aguerris ^^), le casque produit un sifflement très net et désagréable au niveau des oreilles. Et cela que je sois assis normalement derrière ma bulle mi-haute (qui tape à peu près sur le tiers haut du casque) ou que je me mette debout sur la moto pour simuler une moto sans bulle de protection. Je vous le fais entendre dans la vidéo, c’est très dérangeant et j’avoue ne pas comprendre comment cela peut se produire sur un casque qui a pourtant été testé en soufflerie.

Le deuxième cas où un sifflement gênant apparaît, c’est lorsque je ferme la visière sans enclencher le cran de sûreté pour laisser juste un filet d’air. En position assis avec une bulle mi-haute, j’ai un sifflement très aigu qui se produit +/- suivant l’inclinaison de ma tête. Ce souci je ne l’ai eu qu’avec 1 seul casque auparavant parmi 3 autres que j’ai déjà pu tester. Heureusement, en position debout (donc l’équivalent de sans bulle de protection), ce sifflement disparaît. C’est donc à voir suivant la configuration de votre moto.

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A retrouver également en vidéo

Test du casque intégral Schuberth R2 : mi-touring / mi-sportif
Vous l'aurez compris, je suis très mitigé sur les prestations de ce casque Schuberth R2.
Sur certains points il est très bon, clairement dans la moyenne haute de ce que j'ai pu essayer, alors que sur d'autres on a l'impression d'avoir un casque moitié moins cher sur la tête. Ce qui est pour le moins déconcertant lorsqu'on pense investir intelligemment dans une marque de renom. Ce qui m'empêche de lui mettre la note moyenne.
Les plus gros bémols concernent l'absence de visière solaire rabattable et la visière principale qui fait trop cheap à l'usage, cela dénote vraiment avec le niveau de gamme tarifaire.
ON A AIMÉ
  • Insonorisation de bon niveau
  • Ventilation efficace
  • Système d'intercom intégré (option)
ON N'A PAS AIMÉ
  • Absence de visière solaire rabattable
  • Visière trop souple et pas agréable à manipuler
  • Sifflement désagréable visière ouverte
2.3Note Finale

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