Les Sidi Crossfire 3 SRS se veulent être le summum de la botte Enduro / Trail, mais sont-elles vraiment ce qui se fait de mieux sur le marché ?
C’est ce que nous allons voir ensemble dans ce test après 3 mois d’utilisation.

La protection c’est ce qu’il y a de plus important en moto et d’autant plus lorsqu’on fait de l’offroad. En cas de chute, si le pied se retrouve sous la moto, il n’y aura que la botte qui t’évitera d’avoir le pied cassé en quelques morceaux (si tu n’as vraiment pas de bol). Du coup rien de tel qu’une bonne paire de bottes robustes et protectrices ! La partie un peu moralisatrice c’est fait, on passe vraiment au test maintenant.

Pour le coup, nous allons survoler les bottes car j’ai déjà fait une présentation très complète avec beaucoup de photos par là -> Présentation des bottes

Premières impressions à la sortie de la boîte

On y est, j’ouvre la boîte et là je les découvre, superbes, sublimes, somptueuses, Supercalifragilisticexpialidocious, etc. Ok j’abuse un peu des superlatifs.
Bref tout ça pour dire que j’aime beaucoup. En plus dans ce coloris gris et fluo elles rendent super bien !

La finition est irréprochable, tout est bien emboîté, vissé, et les plastiques sont très agréables au touché. Dès le premier coup d’oeil on ressent clairement qu’on a affaire à du haut de gamme.

En terme de protections (en venant de bottes plus typées trail), j’avoue avoir été impressionné par l’ensemble. Que ce soit la pointe du pied, le talon, le mollet, le tibia, les malléoles, tout est renforcé en polyuréthane bien robuste.
Sans oublier le système Dual Flex qui permet de bouger la cheville plus facilement et l’Hyper Extension Block qui empêche l’hyper flexion / extension de la cheville. De quoi se planter plus sereinement… ^^

Les boucles sont en plastique bien solide scindé en deux sur la partie extérieure et viennent emprisonner une partie mâle en aluminium imbriquée dans une patte en plastique micrométrique, de quoi faire un réglage au poil !
Sur la tige de la botte, il y a un soufflet qui permettra de l’étanchéifier et deux zones en velcro qui permettront de bien les pré-fermer. Ce soufflet monte à 29,5cm pour une hauteur de botte de 42cm environ.

 

De plus, il faut noter que les protections tibia et mollet sont réglables via des vis cruciformes afin de gagner 1 cm en avant (utile pour mettre des protections de genoux enduro) et 1 cm en arrière (idéal pour les plus gros mollets). Aussi, toute la partie haute est vissée et on peut donc tout démonter afin de remplacer les pièces qui seraient éventuellement endommagées en cas de chute.
Autre point important, la partie centrale de la semelle est démontable via 4 vis 1/4 de tour et non plus 17 comme avant, ça sera bien plus simple et rapide pour les retirer et les remplacer.
Par contre, cette semelle ne semble pas prévue pour marcher dans la boue de par son manque de crampons.

En tout cas, pas d’obsolescence programmée pour ces bottes, c’est super appréciable !

Par rapport à la pointure, je suis le cul entre deux chaises. Je chausse du 44.5 et suivant les marques je prends soit plus petit (ce qui est rare) soit plus grand… Pour le coup j’avais été en magasin pour tester ça, et dans le 44 j’étais un poil juste surtout si je voulais mettre de grosses chaussettes d’hiver. Résultat j’ai pris du 45.

Qui dit haut de gamme dit prix en adéquation, il faudra compter 509 € PPI pour mettre la main dessus. Cela dit, on les trouve déjà à moins de 460 €.

Enfilage et réglage

D’abord on enfile les bestioles, Damned mais c’est super étroit ! Il faut dire aussi que j’ai toujours porté des bottes à semelles larges, que ce soit mes chaussures ou même mes bottes Toucan Goretex. Ici, le pied est plus serré, c’est assez surprenant lorsque l’on est peu habitué.
N’y voyez pas un aspect négatif, c’est assez logique en fait. Ça a pour but d’éviter que le pied puisse bouger dans la botte, en somme un petit gage de sécurité supplémentaire.
La première chose à faire avant de partir rouler avec c’est de bien régler les boucles grâce au système micrométrique. Prenez vraiment le temps de le faire, car si c’est un peu trop serré, vous aurez une gène voire une douleur lors de la balade, et je sais de quoi je parle…

 

Sachez qu’en fonction de votre pantalon moto, vous pourrez le mettre par dessous ou par dessus vos bottes. Etant en trail et bravant les conditions les plus humides, je préfère que mon futal soit par dessus. Primo ça renforce l’étanchéité des bottes car l’eau ne peut pas rentrer par le dessus de celles-ci et secondo ça évite d’avoir une fermeture éclair et autres pressions en contact direct avec sa peau. Bref c’est un confort accru.
Bien entendu, avec un pantalon enduro ça serait fort différent car c’est prévu pour aller dans les bottes.

C’est parti !

 

Bon, voyons voir comment les bottes se comportent en marchant, car ça peut arriver de devoir marcher un moment avec et c’est une question que je me posais avant de les avoir. Et puis il vaut mieux commencer à marcher un peu avec pour être bien certain que rien n’est trop serré ou pas assez.

Concrètement j’ai été assez surpris par leur relative souplesse, elles ne sont pas aussi rigides que d’autres bottes grâce au système de pivot qu’il y a. Il faut noter que grâce à cela, il n’y a pas de rodage des bottes. Elles se plient naturellement sans trop de difficulté mais le système d’articulation de la cheville empêche d’aller trop loin pour ne pas se blesser en cas de chute.
Alors certes, on a toujours une démarche un peu robotique mais globalement c’est assez agréable de marcher avec. D’ailleurs pour le fun, j’ai même tenté de courir et ça le fait pas trop mal ^^
Déjà là en marchant je me sens bien en sécurité et vu les bestioles je ne risque pas de me tordre la cheville.

Je ne vous cache pas qu’en les enfilant, j’avais un peu peur vu l’étroitesse… Que nenni, le confort est bien présent et même après plusieurs heures d’affilée je n’ai strictement rien à leur reprocher, que ce soit le pied, la cheville et le mollet, je suis super bien à l’intérieur, c’est du pur bonheur. Je me sens parfaitement maintenu et ne ressens aucune pression désagréable.

Par contre comme je le craignais, dans de la grosse boue il faudra y aller mollo car les semelles montrent vite leurs limites… Heureusement une version « enduro » des semelles arrive à la vente moyennant 29,90€, voilà qui devrait donner un meilleur grip dans la boue !

 

Pour les semelles enduro, il faut savoir qu’il faudra les remplacer à l’aide d’un tournevis plat. Il ne sera pas possible de le faire à l’aide d’une pièce de monnaie par exemple, à cause de la profondeur à laquelle se trouvent les têtes de vis 1/4 de tour. Mais bon, ce n’est pas le genre de chose que l’on change au bord de la route de toute manière :clin_d’œil:

Esthétiquement, les semelles enduro sont intéressantes. Il y a du bon crampon et ça fait plaisir à voir ! Par contre, une fois la semelle en place, l’ensemble (botte + semelle enduro) ne fait pas fini, c’est comme s’il manquait un bout de semelle à la pointe de la botte, c’est assez dommage. Cela dit, la semelle étant en dessous, ce n’est pas très voyant. Mais tout de même, j’aurais préféré que ça soit une semelle complète comme c’était le cas sur l’ancien modèle des Sidi Crossfire.
Il faut savoir qu’il y a 5 mm de gomme en plus en épaisseur. La semelle livrée d’origine fait 10 – 11 mm et la version enduro en fait 15-16 mm.

Les crampons sont positionnés afin de maximiser le grip dans la boue. Bien entendu, dans un bon gros bourbier ça ne fera pas de miracle, mais globalement le grip est bien présent, bien plus qu’avec les semelles d’origine (ce n’est pas difficile). Ces dernières étant destinées à une utilisation route/piste/cross.

Petit détail, en me déplaçant je me suis rendu compte que j’avais plus de facilité à marcher… justement grâce au fameux bout de semelle « manquant ». Comme quoi, un petit défaut peut être compensé.

Enfin, je n’ai pas ressenti de différence à la manipulation de mon frein arrière et de mon sélecteur de vitesse, mis à part que j’ai dû un peu rehausser ce dernier afin que mon pied passe plus facilement en dessous. Mais comme me le faisait remarquer MriMattheus, si vous freinez plutôt avec la pointe du pied, cela pourrait être déstabilisant de ne pas avoir la grosse semelle qui va jusqu’au bout, étant donné la différence de niveau.

 

Une fois le réglage des bottes fait, il faut penser à régler sa commande de sélecteur de vitesses, car en fonction de la botte il faut plus au moins le relever.

C’est maintenant que ça devient le plus intéressant. Une fois sur la moto je me rends compte que la semelle est assez épaisse et qu’il me faudra un peu de temps pour m’acclimater à ces nouvelles sensations pour gérer mon frein arrière. En effet, appuyer avec plus de précision afin de bien doser mon freinage a demandé un peu de temps afin de m’adapter. Mais bon il faut dire que je ne suis pas un as du frein arrière non plus, j’ai encore beaucoup à apprendre…

Bien entendu que ce soit pour le frein ou pour le changement de vitesse, le système de pivot de la botte aide vraiment beaucoup à la facilité de manipulation, c’est un plus non négligeable que d’avoir des sensations optimales sans devoir roder les bottes.

En parlant de ce système, je dois admettre qu’il est super efficace car une fois en route et debout, comparé à mes Toucan Goretex, je fatigue bien moins vite de par la rigidité des bottes. En fait lorsque je roule debout, une fois arrivé en bout de course du système j’ai bien moins d’effort à fournir pour garder mon pied comme il faut, c’est un confort indéniable à l’usage !

 

Par rapport au matériau à la fois antidérapant et pare-chaleur en face interne de la botte, il se veut assez efficace pour le peu que j’ai roulé avec le pantalon dans la botte. Dans les faits, une fois debout ça permet de moins glisser et donc d’être plus stable lorsqu’on serre bien la moto. En contrepartie il pourra y avoir des griffes qui se formeront sur vos carénages. Comme quoi tout n’est pas rose, mais comme certains pantalons peuvent se mettre par dessus la botte, ça sera au cas par cas.

Les Sidi Crossfire 3 SRS sont annoncées comme étanches… En fait elles ont une grande résistance à l’eau mais finiront par légèrement percer dans certains cas. Je soupçonne que l’eau puisse passer par la semelle via les vis. Mais pour que ça arrive il faut vraiment que le pied soit immergé dans l’eau un certains temps, car mis à part dans ce cas précis, je n’ai plus jamais eu les pieds mouillés en dehors de ma transpiration.
En effet elles sont tellement « fermées » que mes pieds ne respirent pas du tout et de ce fait je transpire un peu plus des pieds… Mais bon il faut dire aussi que j’ai tout le temps chaud, je suis sans doute un cas « particulier » 😀

 

Parce qu’après une bonne sortie offroad il faut passer par la case nettoyage, je dois dire qu’elles sont assez simples à laver. De l’eau claire, une petite brosse et une microfibre, et en moins de 10 minutes elles sont presque comme neuves. D’ailleurs comme il n’y a pas de cuir dessus il ne faut même pas se soucier de les graisser, pratique et rapide pour le coup.

Le test à retrouver en version vidéo

 

Test des bottes Sidi Crossfire 3 SRS - Confortable protection
Après 3 mois d'utilisation, je peux vous dire que je suis entièrement satisfait de ces bottes.
Que ce soit le confort une fois qu'elles sont bien réglées, la protection, l'absence de rodage, tout est maîtrisé mis à part l'étanchéité imparfaite.

Autre dernier point un peu navrant, c'est la semelle qui manque de crampons. J'aurais vraiment aimé qu'il y ait déjà de base une semelle type enduro pour ne pas galérer dans la boue. Elle n'est ici disponible qu'en option.

En tout cas elles valent bien leur prix premium !
On a aimé
  • Le confort
  • L'absence de rodage
  • Les parties remplaçables
On n'a pas aimé
  • L'étanchéité pas à toute épreuve
  • Le type de semelles de base
4.5Note Finale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.